Carnage au Nigeria : au moins 42 morts dans des attaques meurtrières dans l'État de Benue
Carnage au Nigeria : au moins 42 morts dans des attaques meurtrières dans l'État de Benue

Au moins 42 personnes ont été tuées ce week-end dans une série d’attaques sanglantes attribuées à des éleveurs armés dans le district de Gwer West, situé dans l’État de Benue, au centre du Nigeria. Ce bilan tragique a été confirmé mardi par Victor Omnin, président du gouvernement local, qui a évoqué une « situation pathétique » alors que les recherches de corps se poursuivent dans les villages touchés.

Les violences ont débuté samedi avec une attaque contre les localités de Tyolaha et Tse-Ubiam, où dix personnes ont perdu la vie. Elles se sont poursuivies dimanche, lorsque les villages d’Ahume et d’Aondona ont été la cible de nouveaux assauts, faisant au moins 32 morts supplémentaires. Selon les autorités locales, ces attaques ont été menées par des éleveurs nomades armés, dans un contexte de conflits récurrents entre communautés pour le contrôle des terres.

L’État de Benue, situé dans la ceinture centrale du Nigeria, est un foyer de tensions persistantes entre agriculteurs sédentaires, souvent chrétiens, et éleveurs majoritairement musulmans, qui se disputent l’accès aux terres arables et aux pâturages. Ces rivalités économiques sont aggravées par des clivages ethniques et religieux, rendant la région particulièrement vulnérable aux flambées de violence.

Le bureau du gouverneur de Benue, Hyacinth Iormem Alia, a annoncé qu’un prêtre catholique figurait également parmi les victimes de ces attaques. Grièvement blessé par balles, il se trouve dans un état critique mais stable, selon un communiqué officiel. Aucune revendication n’a été faite à ce stade, et les forces de sécurité n’ont pas communiqué sur d’éventuelles arrestations.

Ce type d’attaques n’est malheureusement pas isolé dans cette région du Nigeria, où l’insécurité rurale est devenue endémique. Des centaines de personnes y sont tuées chaque année dans des affrontements entre communautés, dans un contexte d’effondrement partiel de l’autorité de l’État et de circulation massive d’armes légères. Le gouvernement fédéral, souvent critiqué pour son inertie face à ces violences, peine à mettre en œuvre des politiques efficaces de sécurisation et de réconciliation.

Alors que les habitants de Gwer West pleurent leurs morts, les appels à une action urgente se multiplient. Mais pour les communautés locales, souvent livrées à elles-mêmes, l’espoir d’un retour à la paix reste lointain, à mesure que la terre, ressource vitale dans cette région, continue d’alimenter les conflits les plus meurtriers.

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