Invité mercredi sur BFMTV après sa condamnation à la suite des débordements ayant suivi la victoire du PSG, Hugues avait été présenté comme un simple étudiant en mathématiques supporter du PSG. Il avait tenu un discours victimaire en accusant les forces de l’ordre de violence gratuites et de racisme. Ce jeudi, Apolline de Malherbe a reconnu le raté de BFMTV et est revenue sur son parcours militant et a affirmé qu’il avait nié ses engagements malgré plusieurs questions posées avant et pendant l’interview.
Un invité présenté comme étudiant et condamné après les débordements
Hugues avait été reçu sur le plateau de BFMTV après avoir comparu devant la justice pour des faits survenus dans la nuit qui a suivi la victoire du PSG. Selon Apolline de Malherbe, l’équipe de la chaîne avait assisté à son jugement avant de lui proposer de venir répondre aux questions de la matinale : « Mardi, notre équipe a assisté à son jugement, lui a proposé, comme à d’autres condamnés d’ailleurs, de répondre à nos questions. Et il est donc venu sur notre plateau, ici même, hier matin », a expliqué la journaliste. Elle a rappelé que le jeune homme faisait partie des personnes interpellées après les incidents : « Il est donc l’un des visages de ces individus interpellés en marge de la victoire du PSG. »
La présentatrice a également insisté sur les éléments judiciaires du dossier : « Il a bel et bien été arrêté dans la nuit, dans la rue, la nuit qui a suivi la victoire du PSG. Il a bel et bien été condamné. Il nie, lui, avoir visé les policiers, mais il a reconnu, hier, devant nous, qu’il avait effectivement un mortier. »
« Les magistrats l’ont désigné comme étant étudiant en mathématiques »
Lors de sa première apparition à l’antenne, Hugues avait été présenté comme un étudiant en mathématiques, sous contrat avec le ministère de la Santé. Apolline de Malherbe a expliqué que cette présentation correspondait aux informations communiquées lors de sa comparution : « Ce qu’on avait, nous, hier, comme élément, c’est ce qu’en avaient donné les magistrats. Les magistrats l’ont désigné, lors de sa comparution, comme étant étudiant en mathématiques, sous contrat avec le ministère de la Santé », a-t-elle déclaré.
La journaliste a toutefois affirmé avoir identifié, derrière les propos de son invité, la possibilité d’un engagement militant : « Quand il est venu s’exprimer, hier, on a perçu, derrière son discours, un éventuel activisme. Et je lui ai d’ailleurs plusieurs fois posé la question. »
« Mais Hugues, vous êtes militant »
Apolline de Malherbe assure avoir interrogé directement Hugues sur ses engagements, sans obtenir de réponse positive : « Je lui ai dit : mais Hugues, vous êtes militant. Ce à quoi il m’a répondu : “non, non, pas du tout”. J’ai reposé la question : “non, non, pas du tout”. Je lui ai dit : mais alors vous êtes peut-être membre d’une association. “Non, non, pas du tout”. »
La présentatrice estime donc avoir posé les questions nécessaires au cours de l’entretien : « Alors, il y avait évidemment des questions qui se posaient, et j’ai sans doute bien fait de les poser. »
Un parcours militant ignoré le jour de l’interview
Ce jeudi matin, Apolline de Malherbe a présenté à l’antenne plusieurs éléments relatifs aux engagements de Hugues : « Hugues est proche du collectif RED, proche de Yassine Benyettou, ancien candidat LFI, qui parle d’Hugues, lorsqu’il poste des photos de lui sur les réseaux sociaux, comme de la famille », a-t-elle déclaré.
Elle a également affirmé que le jeune homme avait récemment participé au blocage d’un lycée à Bondy et qu’il en avait parlé dans une émission du média en ligne Paroles d’honneur. La journaliste a ajouté qu’il avait participé « à au moins une conférence avec Raphaël Arnault, le fondateur de La Jeune Garde, et député aujourd’hui ». Ces éléments n’avaient pas été exposés lors de la première interview.
« J’aurais aimé que Hugues ait l’honnêteté d’assumer ses engagements »
Malgré cette mise au point, Apolline de Malherbe a défendu la présence de Hugues sur le plateau de BFMTV. Elle a estimé que son témoignage permettait de mieux comprendre le profil des personnes arrêtées après les incidents : « Je remercie en tout cas Hugues d’avoir accepté de venir témoigner ainsi parce que c’est particulièrement utile dans notre travail de journalistes, justement, de voir qui sont les visages de ces 890 personnes qui ont été interpellées. Pourquoi est-ce qu’ils étaient là ? Quel est leur profil ? » La présentatrice a conclu en reprochant à son invité de ne pas avoir reconnu ses engagements malgré ses questions : « J’aurais simplement aimé que Hugues ait l’honnêteté d’assumer ses engagements après les questions insistantes que je lui ai posées. »
Des paroles qui ne répondent pas à une question pourtant fondamentale : pourquoi donc la rédaction de BFMTV n’a-t-elle pas vérifié l’identité et le parcours réel de son invité avant de le recevoir sur son plateau ? C’est pourtant la base pour tout journaliste qui se dit professionnel…