À Tulle, la soirée du lundi 16 mars a eu des airs de séance de rattrapage. Les deux listes de gauche, battues par la droite au premier tour des municipales, ont fini par se mettre d’accord pour fusionner et tenter de renverser la table dimanche. Devant, Laurent Melin et sa liste de droite ont pris la tête avec 37,9% des voix, le maire sortant Bernard Combes suit à 32,3%, puis la liste d’union de la gauche à 17% et, en embuscade, le Rassemblement national à 12,8%.
Dès dimanche soir, la promesse d’un rassemblement avait été lancée, encore fallait-il s’entendre sur les règles du jeu. La nouvelle liste, baptisée « Agir ensemble pour Tulle », revendique l’intégration de toutes les composantes de gauche. Deux candidats La France insoumise y figurent selon Franceinfo, un détail qui pèse lourd dans l’ambiance nationale actuelle, où les mots « union » et « Insoumis » cohabitent rarement sans grincer.
Dans la cuisine interne, l’accord n’a rien d’un simple collage d’affiches. Bernard Combes a remanié sa liste, écartant neuf colistiers et acceptant de céder environ un tiers des places éligibles à ses partenaires, condition posée pour sceller la fusion. Nicolas Marlin, membre de la liste, raconte une recherche de « cohésion et de concorde » et assure que la coalition a fini par faire entendre une voix commune après des discussions serrées.
Une union qui gêne, mais qui compte
Car au-dessus de Tulle plane un nom qui ne laisse jamais la Corrèze tout à fait tranquille: François Hollande. L’ancien président a récemment appelé, sur la scène nationale, à refuser des alliances avec LFI, ce qui rend l’épisode tulliste politiquement sensible, presque paradoxal. Interrogé par France 3 Pays de Corrèze, Bernard Combes affirme pourtant avoir reçu un encouragement clair lors d’un échange téléphonique: « Il m’a dit union, union, union ».
Du côté de l’entourage de François Hollande, on tient une ligne plus fine, au millimètre. Son service communication assure que sa position « a toujours été favorable à l’union de la gauche » à Tulle et insiste: ce ne serait pas « une fusion avec LFI ». La liste est présentée comme conduite par un binôme PC et écologiste citoyen déjà installé dans la majorité sortante, manière de rappeler que l’étiquette compte autant que la composition.
En face, Laurent Melin ne mise pas sur un simple jeu d’addition. Il souligne le poids des abstentionnistes et juge incertain le report automatique des voix, même en cas d’accord scellé en haut lieu, ce qui est souvent vrai dans les seconds tours locaux où les électeurs n’obéissent pas toujours aux consignes. La campagne continue jusqu’au scrutin de dimanche et, dans cette ville où chaque pourcentage se paie comptant, la question qui flotte est moins celle des alliances que celle de la mobilisation.
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