La cour d’appel de Paris a rendu ce mardi son arrêt dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics et condamnée à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis. L’année de prison ferme sera exécutée sous bracelet électronique. La dirigeante du Rassemblement national écope également de 100.000 euros d’amende et d’une peine complémentaire d’inéligibilité de 45 mois, dont 30 mois avec sursis.
La cour confirme l’existence d’un système de détournement de fonds
Au terme d’une longue lecture de son arrêt, la cour d’appel a estimé que les faits reprochés aux prévenus étaient particulièrement graves. La présidente de la juridiction a évoqué un « mode de fonctionnement » mis en place sous l’impulsion de Jean-Marie Le Pen puis de Marine Le Pen, ayant pour finalité de détourner des fonds du Parlement européen destinés à rémunérer des assistants parlementaires.
Les magistrats ont rappelé que ce système s’était poursuivi pendant onze années et trois mandatures, malgré les alertes répétées du Parlement européen. Le préjudice est évalué à 2,8 millions d’euros. La cour a toutefois souligné qu’elle ne retenait pas d’enrichissement personnel des prévenus.
Avant Marine Le Pen, plusieurs anciens responsables du Front national ont également été condamnés. Fernand Le Rachinel a notamment écopé de deux ans de prison avec sursis, de 15.000 euros d’amende et d’un an d’inéligibilité.
Une peine que Marine Le Pen jugeait incompatible avec une campagne présidentielle
Cette condamnation intervient quelques jours seulement après que Marine Le Pen eut affirmé publiquement qu’elle ne se voyait pas mener une campagne présidentielle sous bracelet électronique.
Invitée de LCI le 1er juillet, la dirigeante du RN expliquait qu’une telle mesure serait, selon elle, incompatible avec les contraintes d’une campagne nationale. Elle estimait qu’un candidat à l’élection présidentielle devait être « totalement libre de ses mouvements » et déclarait qu’il ne lui paraissait « pas possible » de faire campagne tout en étant soumise à un bracelet électronique.
Quelques jours avant le verdict, elle assurait également ne pas avoir peur de la décision des magistrats, affirmant qu’elle poursuivrait son combat politique « quoi qu’il arrive ».
Le Rassemblement national face à un nouveau défi
Ce jugement constitue un moment décisif pour le Rassemblement national à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Les conséquences précises de la peine d’inéligibilité, ainsi que les éventuels recours qui pourraient être engagés par Marine Le Pen, seront désormais déterminants pour l’avenir politique de la cheffe de file du RN.
En parallèle, Jordan Bardella, qui suivait la décision depuis le siège du parti, apparaît plus que jamais comme l’alternative susceptible de porter les couleurs du mouvement si Marine Le Pen devait être empêchée de concourir.
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