L’enquête sur la mort de Quentin Deranque connaît une nouvelle accélération, plus de sept mois après les faits. Cinq personnes ont été mises en examen ce jeudi dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après la mort du jeune militant de 23 ans, violemment frappé à Lyon en février 2026.
Ces nouvelles mises en examen interviennent après une vaste opération menée cette semaine dans l’agglomération lyonnaise. Huit personnes avaient été interpellées mardi 22 septembre. Cinq d’entre elles ont finalement été présentées aux juges d’instruction chargés du dossier avant leur mise en examen.
Huit nouvelles interpellations sept mois après les faits
Les huit personnes interpellées sont soupçonnées d’avoir pris part aux affrontements et aux différentes violences commises le 12 février 2026 à Lyon. Les premiers éléments disponibles indiquent qu’elles ne sont toutefois pas soupçonnées d’avoir directement porté les coups mortels à Quentin Deranque.
Une source proche de l’enquête précisait qu’elles étaient « soupçonnées d’avoir participé aux rixes, aux diverses violences du jour, mais pas d’avoir porté les coups mortels ». L’instruction doit désormais déterminer avec précision le rôle de chacune des personnes mises en cause au cours des différents affrontements. Les qualifications exactes retenues contre les cinq nouveaux mis en examen n’ont pas encore été détaillées publiquement.
Quentin Deranque avait été frappé au sol
Les faits remontent au 12 février. Ce jour-là, des affrontements avaient opposé des militants d’ultragauche et d’ultradroite à proximité de Sciences Po Lyon, où l’eurodéputée LFI Rima Hassan donnait une conférence.
Quentin Deranque, 23 ans, avait été violemment frappé alors qu’il se trouvait au sol. L’enquête avait rapidement établi qu’au moins six personnes avaient participé aux violences dirigées contre lui. Le jeune homme, grièvement blessé à la tête, était décédé deux jours plus tard, le 14 février.
Dès les premiers jours de l’enquête, plusieurs suspects liés à la mouvance antifasciste avaient été identifiés. Les investigations avaient notamment reposé sur l’exploitation de vidéos tournées par des témoins, des images de vidéosurveillance et différents éléments techniques.
Neuf personnes avaient déjà été mises en examen
Une première vague d’interpellations avait eu lieu quelques jours après la mort de Quentin Deranque. Le 19 février, sept suspects avaient été mis en examen.
Six avaient alors été poursuivis pour homicide volontaire. Jacques-Elie Favrot, qui travaillait comme assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, avait été mis en examen pour complicité d’homicide volontaire par instigation. Plusieurs des personnes mises en cause avaient reconnu leur présence sur les lieux et certaines avaient admis avoir porté des coups, tout en contestant toute intention de tuer Quentin Deranque.
Deux nouvelles mises en examen étaient ensuite intervenues début mars. L’information judiciaire compte donc désormais 14 personnes mises en examen avec les cinq nouvelles décisions prises ce jeudi.
La Jeune Garde au cœur d’une partie de l’enquête
Plusieurs des premiers suspects sont issus ou proches de la mouvance d’ultragauche et certains ont appartenu à la Jeune Garde, organisation antifasciste fondée à Lyon et dissoute en 2025. Raphaël Arnault en avait été l’un des fondateurs avant son élection comme député.
Lors de la première vague d’arrestations, Jacques-Elie Favrot avait notamment été interpellé avec plusieurs autres suspects. À ce stade, Raphaël Arnault n’est pas mis en examen dans le dossier et aucune poursuite judiciaire ne le vise personnellement pour la mort de Quentin Deranque.
L’enquête vise à reconstituer l’ensemble des violences commises le 12 février et à individualiser le rôle de chaque participant. Une enquête distincte a également été ouverte sur les violences qui auraient été commises par des militants d’ultradroite au cours de cette même journée.
Une enquête toujours loin d’être terminée
Sept mois après la mort de Quentin Deranque, les nouvelles arrestations montrent que les investigations se poursuivent pour identifier tous les participants aux différents affrontements.
Avec cinq nouvelles mises en examen, 14 personnes sont désormais poursuivies dans l’information judiciaire autour de la mort de Quentin Deranque. Les juges d’instruction doivent encore déterminer les responsabilités précises de chacun et distinguer les personnes soupçonnées d’avoir participé aux violences générales de celles poursuivies pour leur rôle dans l’agression mortelle du jeune homme.

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