La polémique autour de la mort de l’étudiant britannique Henry Nowak continue de secouer le Royaume-Uni. Mercredi, la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a fermement condamné les manifestations violentes qui ont éclaté après la révélation d’images montrant le jeune homme de 18 ans menotté par la police alors qu’il agonisait à la suite d’une agression mortelle.
L’affaire a provoqué une vive émotion dans le pays depuis la condamnation, lundi, de son meurtrier, Vikrum Digwa. Selon les éléments présentés au tribunal, l’agresseur avait faussement affirmé avoir été victime d’une attaque raciste. Les images de l’intervention policière, montrant des agents menottant Henry Nowak alors qu’il était grièvement blessé, ont suscité une vague d’indignation et alimenté un débat national sur les pratiques des forces de l’ordre.
Mardi soir, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans la ville de Southampton, où le drame s’est produit. Des affrontements ont éclaté entre certains manifestants et les forces de l’ordre, poussant le gouvernement à appeler au calme. « Rien ne peut justifier qu’on instrumentalise cette tragédie pour inciter à la violence et au désordre », a déclaré Shabana Mahmood.
L’affaire a également relancé les discussions sur la manière dont la police britannique traite les personnes issues de différentes communautés. Les autorités ont salué la décision des responsables policiers de réexaminer certaines directives élaborées pour lutter contre le racisme au sein des forces de l’ordre. Le gouvernement rejette toutefois les accusations selon lesquelles il existerait une justice ou une police « à deux vitesses », un sujet largement débattu sur les réseaux sociaux.
La famille d’Henry Nowak a dénoncé un traitement « inhumain et dégradant » de la part de la police. Son père a cependant appelé à ne pas utiliser la mort de son fils pour alimenter davantage les divisions ou les tensions au sein de la société britannique.
Selon les conclusions des médecins légistes, le jeune homme aurait succombé à ses blessures sur place, quelle que soit l’intervention des secours. Après l’avoir menotté, les policiers ont finalement appelé une ambulance et tenté de le réanimer en pratiquant un massage cardiaque.
Une nouvelle manifestation était prévue mercredi devant le Parlement à Londres. Alors que plusieurs policiers font déjà l’objet d’enquêtes internes, cette affaire s’annonce comme l’une des plus sensibles auxquelles les forces de l’ordre britanniques ont été confrontées ces dernières années, tant en raison de ses circonstances que de ses répercussions politiques et sociales.
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