Le Conseil de l’Europe a décerné le 28 septembre le prix Vaclav-Havel des droits de l’homme à Nasrin Sotoudeh, avocate iranienne emblématique, récompensant des décennies de combat contre la peine de mort et les restrictions imposées aux femmes, menés au prix de lourdes condamnations.
Nasrin Sotoudeh est l’une des figures les plus connues de la défense des droits humains en Iran. Le 28 septembre, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe lui a remis le prix Vaclav-Havel, une distinction dotée de 60 000 euros, attribuée chaque année en partenariat avec la Fondation Charte 77 pour saluer « une action civile exceptionnelle en faveur des droits de l’homme ».
L’institution strasbourgeoise a mis en avant l’engagement de longue date de l’avocate, conduit « malgré des arrestations répétées, de longues périodes d’emprisonnement et des risques personnels considérables ». Sotoudeh a notamment défendu des militantes, des journalistes, des membres de minorités religieuses et des condamnés à mort, tout en s’opposant publiquement aux lois imposant le port du voile et à la peine capitale.
Son parcours est marqué par une succession de condamnations sévères. En 2019, un tribunal iranien l’avait frappée d’une peine de 33 ans de prison et de 148 coups de fouet, en partie pour avoir représenté des femmes poursuivies après avoir protesté contre le port obligatoire du hijab. En avril 2026, elle a de nouveau été arrêtée avant d’être libérée sous caution en mai. C’est depuis Téhéran qu’elle a réagi à l’annonce du prix, dans une déclaration vidéo : « Dans des moments comme celui-ci, nous nous souvenons des luttes passées, nous nous rappelons nos idéaux communs et nous pensons aux individus à travers le monde qui se tiennent à nos côtés. »
Même derrière les barreaux, Sotoudeh n’a jamais cessé son action. En 2020, elle avait entamé une grève de la faim à la prison d’Evin pour dénoncer les conditions de détention et le sort des prisonniers politiques. La même année, elle recevait le prix Nobel alternatif, le Right Livelihood Award, dont elle avait appris l’attribution depuis sa cellule. Dès 2012, le Parlement européen lui avait décerné le prix Sakharov, conjointement avec le cinéaste Jafar Panahi ; incarcérée à l’époque, elle n’avait pu se rendre à la cérémonie.
Lors du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » qui a secoué l’Iran en 2022, son nom est redevenu un symbole de la résistance des femmes iraniennes face à la répression d’État. Les deux autres finalistes du prix Vaclav-Havel 2026 étaient la journaliste et militante irano-américaine Masih Alinejad et l’avocate hongroise des droits humains Marta Pardavi.

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