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Le 747 qatari offert à Trump pourrait nécessiter des escortes de chasse pour remplacer Air Force One

Le 747 qatari offert à Trump pourrait nécessiter des escortes de chasse pour remplacer Air Force One
Le 747 qatari offert à Trump pourrait nécessiter des escortes de chasse pour remplacer Air Force One

WASHINGTON — Le Boeing 747 offert par le Qatar au président américain Donald Trump pour servir provisoirement d’Air Force One pourrait nécessiter des mesures de sécurité exceptionnelles, dont une escorte de chasseurs, et pourrait ne voler qu’à l’intérieur des États-Unis sans modernisation majeure, ont déclaré plusieurs experts de la défense et de l’aéronautique.

L’appareil, un luxueux 747-8 de 13 ans initialement exploité par la compagnie VIP d’État Qatar Amiri Flight, a été visité par Trump en février. Son intégration en tant qu’avion présidentiel de remplacement survient alors que Boeing accuse un important retard sur la livraison des deux nouveaux Air Force One commandés sous le premier mandat Trump. Leur livraison est prévue pour 2027, avec trois ans de retard et un surcoût dépassant désormais 4,7 milliards de dollars.

Les experts estiment qu’à défaut de modernisations coûteuses, l’avion qatari pourrait être limité aux vols intérieurs, faute de garanties de sécurité suffisantes à l’étranger. Contrairement à l’actuel Air Force One, il ne dispose pas de systèmes de brouillage électronique, de défense antimissile ou de blindage contre les impulsions électromagnétiques, nécessaires en cas de guerre nucléaire.

« Ce type de protection est intégré dans l’architecture même d’Air Force One. Ce n’est pas quelque chose que l’on ajoute après coup », a expliqué Mark Cancian, du Center for Strategic and International Studies.

Selon des sources industrielles, toute conversion du jet nécessiterait l’installation d’équipements de communication ultra-sécurisés, d’un nouveau câblage blindé, de systèmes d’alerte radar et d’un aménagement intérieur adapté au personnel présidentiel, aux services secrets et à la presse. Le coût de ces transformations pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars.

En tant que commandant en chef, Trump a néanmoins la possibilité de renoncer à certaines exigences de sécurité, selon un ancien responsable de l’armée de l’air. Il a d’ailleurs défendu publiquement l’idée d’utiliser l’avion, qu’il juge « pratique » et « stupide de refuser », tout en critiquant Boeing pour ses retards accumulés.

Les analystes estiment que bien que sa valeur catalogue soit de 400 millions de dollars, le jet d’occasion ne vaudrait qu’un quart de ce montant, selon Cirium. Un négociant privé a toutefois souligné que l’intérieur sur mesure, conçu pour la famille régnante qatarie, pourrait valoir bien plus que la cellule de l’avion elle-même.

Enfin, la nécessité d’escortes militaires accrues pour chaque vol, une rareté dans l’usage d’Air Force One, pourrait poser des défis logistiques et de souveraineté lors de déplacements internationaux, certains analystes évoquant même une interdiction des vols hors des États-Unis tant que les systèmes de défense ne sont pas renforcés.

Alors que le débat continue sur la légalité d’un tel don étranger au président américain, la Maison Blanche et le Pentagone n’ont pas encore commenté publiquement les modalités concrètes d’utilisation du 747 qatari comme avion présidentiel.

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