L’ASEAN ne soutiendra pas les élections en cours au Myanmar et n’y dépêchera aucun observateur, a annoncé mardi le ministre malaisien des Affaires étrangères. Cette position revient à ne pas reconnaître le scrutin organisé par les autorités militaires, au pouvoir depuis le coup d’État de 2021.
Le processus électoral, entamé en décembre et prévu en trois étapes, est largement contesté par les Nations unies, des pays occidentaux et des organisations de défense des droits humains, qui y voient une tentative de légitimation du régime militaire par le biais de partis alliés. La junte rejette ces accusations. La participation a été faible et, lors du premier tour, le parti proche de l’armée a remporté l’essentiel des sièges en jeu.
S’exprimant devant le Parlement à Kuala Lumpur, le chef de la diplomatie malaisienne a indiqué que l’ASEAN avait déjà refusé, lors d’un sommet l’an dernier, une demande officielle du Myanmar visant à accueillir des observateurs régionaux. Certains États membres ont toutefois choisi d’agir à titre individuel, sans mandat collectif.
« L’ASEAN n’enverra pas d’observateurs et, par conséquent, ne certifiera pas le scrutin », a-t-il déclaré, précisant que cette ligne reflétait les inquiétudes persistantes du bloc face à l’absence de progrès politique et à la poursuite des violences dans le pays.
Par ailleurs, le ministre a indiqué que l’ASEAN espérait conclure d’ici la fin de l’année un code de conduite avec la Chine concernant les activités en mer de Chine méridionale. Les discussions sur ce texte, proposées dès 2002, avancent lentement en raison de différends territoriaux opposant Pékin à plusieurs États membres.
La position de l’ASEAN sur le Myanmar souligne les divisions internes du bloc et les limites de son influence diplomatique, alors que le conflit se prolonge et que la transition politique promise par les autorités militaires reste incertaine.