Des centaines de personnes ont manifesté samedi dans le centre de Taipei pour soutenir une augmentation des dépenses de défense de Taïwan, après que le Parlement dominé par l’opposition a réduit une importante demande budgétaire du président Lai Ching-te.
Le chef de l’État souhaitait obtenir l’approbation d’un budget supplémentaire de 40 milliards de dollars destiné à renforcer les capacités militaires de l’île. Le plan prévoyait notamment l’achat d’armes américaines ainsi que le développement d’équipements produits localement, comme des drones et le nouveau système intégré de défense aérienne « T-Dome ».
Mais ce mois-ci, l’opposition parlementaire, majoritaire au Parlement, n’a validé qu’environ les deux tiers des fonds demandés. Les partis d’opposition ont accepté les dépenses consacrées aux armements américains, tout en rejetant plusieurs projets nationaux qu’ils jugent insuffisamment détaillés et potentiellement exposés à des risques de corruption.
La manifestation de samedi a été organisée par plusieurs groupes indépendantistes et organisations de défense des droits humains. Les participants ont brandi des drapeaux taïwanais et scandé des slogans appelant au renforcement des capacités militaires de l’île face à la pression croissante de Pékin.
« La véritable paix exige une défense nationale forte », a déclaré Wang Hsing-huan, dirigeant du petit Parti pour la construction de l’État taïwanais. « Ce n’est qu’en renforçant notre défense que nous pourrons protéger la liberté de Taïwan », a-t-il affirmé devant les manifestants.
Parmi les participants figurait Angela Yen, une ingénieure civile de 34 ans, qui a estimé que Taïwan devait impérativement se préparer face aux ambitions chinoises. « Nous devons nous protéger contre l’expansion de la Chine », a-t-elle déclaré, affirmant que Taïwan et la Chine constituaient « deux pays différents ».
De leur côté, les principaux partis d’opposition assurent qu’ils soutiennent les dépenses militaires mais refusent, selon leurs termes, de signer des « chèques en blanc ». Cheng Li-wun, présidente du Kuomintang, principal parti d’opposition, a déclaré samedi que Taïwan devait investir dans « la paix plutôt que dans la guerre » et éviter d’envoyer la jeune génération combattre dans un conflit avec Pékin.
Cette controverse intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la Chine et Taïwan. Pékin considère l’île démocratiquement gouvernée comme faisant partie de son territoire et multiplie depuis plusieurs années les démonstrations de force militaires autour de Taïwan.
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