La mobilisation dans les lycées reste marquée par de graves violences ce vendredi. À La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, le proviseur d’un établissement a été aspergé d’essence et roué de coups. À Belfort, un commandant de police a été projeté au sol avant d’être frappé à plusieurs reprises par plusieurs individus.
À la mi-journée, le ministère de l’Éducation nationale recensait 564 établissements perturbés depuis le début de la matinée. Environ 600 interpellations avaient également été effectuées. Le bilan humain s’alourdit : depuis le début du mouvement, 65 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, dont 40 proviseurs, selon le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray.
À La Ciotat, le proviseur aspergé d’essence et roué de coups
L’un des incidents les plus graves de cette nouvelle journée s’est produit au lycée de la Méditerranée, à La Ciotat. Le proviseur de l’établissement a été aspergé d’essence et roué de coups alors qu’il tentait d’intervenir dans une situation particulièrement tendue autour de son lycée.
Une personne a été interpellée dans un premier temps. Elle a ensuite été relâchée sur place alors que les forces de l’ordre étaient confrontées à une forte tension avec les personnes présentes.
Cette agression a eu lieu alors que les chefs d’établissement sont directement touchés depuis le début de la mobilisation. Vendredi matin, Édouard Geffray a annoncé que 65 personnels avaient été blessés, dont 40 proviseurs.
Le ministre a expliqué avoir échangé avec plusieurs chefs d’établissement agressés. Selon lui, beaucoup lui ont indiqué que les auteurs des violences auxquels ils avaient été confrontés n’étaient pas leurs élèves.
Un commandant de police roué de coups à Belfort
À Belfort, la matinée a également été marquée par une violente agression aux abords du lycée Gustave-Courbet.
Un commandant de police a été projeté au sol puis frappé par plusieurs individus. Une vidéo de l’agression montre le fonctionnaire à terre tandis que plusieurs personnes s’acharnent sur lui à coups de pied et de poing.
Le policier participait à une intervention au cours de laquelle un individu a été interpellé. Selon la préfecture du Territoire de Belfort, celui-ci était porteur d’un sac contenant notamment de l’acide chlorhydrique et du matériel de protection.
Blessé pendant l’intervention, le commandant de police a été transporté à l’hôpital Nord Franche-Comté. Un suspect a été interpellé après l’agression.
564 établissements perturbés et 600 interpellations vendredi matin
La situation reste extrêmement tendue à l’échelle nationale. À 12h41, 564 établissements avaient été perturbés depuis le début de la journée, selon le ministère de l’Éducation nationale.
Environ 600 interpellations avaient été réalisées dans la matinée. Plus de 400 lycées avaient par ailleurs été fermés préventivement vendredi, notamment pour protéger les élèves et les personnels ou en raison de dégradations empêchant le fonctionnement normal des établissements.
La veille, jeudi 1er octobre, 1 207 lycées avaient été perturbés ou bloqués à un moment de la journée.
40 proviseurs blessés depuis le début du mouvement
Édouard Geffray a livré vendredi matin un bilan particulièrement lourd concernant les personnels de l’Éducation nationale.
« À ce stade, on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. 40 quand même », a déclaré le ministre.
Il affirme également que plusieurs chefs d’établissement lui ont expliqué ne pas reconnaître leurs propres élèves parmi les individus impliqués dans les violences.
Édouard Geffray considère désormais que « le mouvement a changé de nature » et estime qu’il a été « pris en otage par des groupuscules violents ».
Un journaliste de M6 agressé la veille à Marseille
Les violences ne touchent pas uniquement les forces de l’ordre et les personnels des établissements. Jeudi, à Marseille, un journaliste de M6 a été encerclé et frappé à plusieurs reprises devant le lycée Saint-Exupéry.
Alors qu’il s’apprêtait à quitter les lieux après avoir couvert le blocage, le journaliste avait été entouré par plusieurs individus puis frappé. Blessé au front, il avait également vu sa caméra détruite. Le groupe M6 a annoncé son intention de porter plainte.
Des blocages qui dégénèrent dans plusieurs villes
D’autres incidents ont été recensés vendredi dans différentes villes françaises. À Lyon, les tensions se sont notamment concentrées autour du lycée Édouard-Herriot, où les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interpellations.
À Quimper, plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés devant le lycée Chaptal. Les forces de l’ordre sont intervenues et ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser le rassemblement.
Les autorités ont parallèlement interdit les rassemblements aux abords de nombreux lycées fermés afin d’éviter de nouveaux affrontements et de nouvelles dégradations.
Un guide pour organiser les blocages diffusé aux lycéens
Cette nouvelle journée de violences arrive également après la diffusion par l’Union Étudiante, dans le cadre de la mobilisation menée avec l’Union syndicale lycéenne, d’un guide expliquant comment bloquer un lycée ou une université en cinq étapes.
Le document conseille notamment de constituer un groupe, d’arriver avant l’ouverture de l’établissement et d’utiliser « poubelles, barrières etc. » pour empêcher l’accès. Il recommande également de filmer les actions et contient une partie consacrée aux contrôles d’identité et à la garde à vue.
Édouard Geffray reçoit les représentants des lycéens
Face à l’ampleur du mouvement, Édouard Geffray doit rencontrer ce vendredi les représentants des organisations lycéennes et étudiantes ainsi que les associations concernées.
Les revendications portent notamment sur les effectifs dans les classes, le recrutement d’enseignants, les conditions d’enseignement et l’état de certains bâtiments scolaires.
Mais après plusieurs jours de blocages, les violences occupent désormais une place centrale. Entre les 65 personnels de l’Éducation nationale blessés, les agressions de La Ciotat et de Belfort, les dégradations d’établissements et les centaines d’interpellations supplémentaires effectuées vendredi matin, les autorités cherchent désormais à empêcher une nouvelle escalade au cours des prochains jours.
