Jordan Bardella a réagi ce mardi soir à une nouvelle procédure judiciaire visant l’environnement du Rassemblement national. Le président du RN affirme que des perquisitions ont été menées depuis le matin chez des prestataires de communication ayant travaillé avec son parti, notamment à leurs sièges et à leurs domiciles personnels. Il dénonce aussi l’ouverture prochaine d’une information judiciaire le concernant personnellement.
Dans son message, Bardella conteste toute irrégularité et relie ces procédures au contexte politique à venir. Il affirme que le RN n’a « rien à nous reprocher » et dénonce des procédures qui, selon lui, « annoncent le calendrier électoral ».
Des perquisitions dans plusieurs pays européens
Les perquisitions évoquées font suite à une enquête du Parquet européen sur de possibles usages irréguliers de fonds européens par le groupe Identité et démocratie, auquel le RN a appartenu au Parlement européen entre 2019 et 2024. Des opérations ont eu lieu mardi 30 juin en France, en Espagne, en Italie et en Belgique. Cette procédure a été ouverte en juillet 2025 après la transmission d’un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen. Les investigations portent sur de possibles mésusages de fonds européens par l’ancien groupe ID. Le montant évoqué dans le dossier atteint plus de 4,3 millions d’euros de dépenses contestées.
Une enquête coordonnée sur les fonds européens
Les opérations ont été coordonnées avec l’appui de services spécialisés dans la lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales. L’objectif est de vérifier si des crédits européens destinés au fonctionnement parlementaire ont été utilisés conformément aux règles imposées par l’Union européenne. Le groupe Identité et démocratie, désormais dissous, réunissait plusieurs partis de droite radicale et d’extrême droite européens. Le RN y a siégé pendant la précédente mandature européenne, avant la recomposition des groupes au Parlement européen.
Bardella personnellement rattrapé par son passage au Parlement européen
Le second volet concerne Jordan Bardella lui-même. Une information judiciaire doit être ouverte à propos de son emploi d’assistant parlementaire européen entre février et juin 2015 auprès de l’eurodéputé Jean-François Jalkh. Le dossier porte sur des soupçons liés à des documents produits pour justifier son activité à cette période. En 2024, des accusations avaient déjà porté sur la fabrication présumée de pièces destinées à démontrer un travail effectif au Parlement européen. Le RN avait contesté ces accusations et affirmé que Bardella avait travaillé dans ce cadre sans infraction ni irrégularité.
Un dossier distinct de l’affaire principale des assistants parlementaires
Cette nouvelle procédure ne se confond pas avec le grand dossier des assistants parlementaires du FN/RN jugé à Paris, qui porte sur la période 2004-2016 et sur des soupçons de détournement de fonds européens. Dans cette affaire principale, le Parlement européen a évalué son préjudice à près de 7 millions d’euros. Jordan Bardella n’avait pas été renvoyé dans ce procès. Le nouveau volet judiciaire annoncé vise donc spécifiquement son ancien contrat de collaborateur parlementaire et les éléments produits pour en justifier l’exécution.