Une enquête menée en octobre par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a conclu qu’un mur en béton construit par l’armée israélienne dépasse la Ligne bleue, la frontière de facto entre Israël et le Liban, a annoncé vendredi un porte-parole de l’ONU. Selon les observateurs, cette construction rend plus de 4 000 m² de territoire libanais inaccessibles à la population locale.
Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, a précisé qu’une seconde section d’un mur supplémentaire est également en cours d’édification au sud-est du village libanais de Yaroun, et qu’elle franchirait elle aussi la Ligne bleue. La FINUL a signalé ces violations à l’armée israélienne et demandé le démantèlement des segments concernés.
Dans un communiqué, la mission de maintien de la paix a rappelé que la présence de structures israéliennes sur le territoire libanais constitue une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui encadre la fin des hostilités entre Israël et le Hezbollah depuis 2006, ainsi qu’une atteinte à la souveraineté du Liban.
L’armée israélienne a rejeté ces conclusions, assurant que le mur respecte la frontière et s’inscrit dans un plan lancé en 2022 visant à renforcer les dispositifs défensifs le long de la frontière nord, notamment depuis le début de la guerre.
Créée en 1978, la FINUL déploie plus de 10 000 soldats provenant de 50 pays, ainsi que quelque 800 membres du personnel civil, entre le fleuve Litani et la Ligne bleue. Sa mission inclut la surveillance du cessez-le-feu et la prévention de toute violation susceptible d’aggraver les tensions régionales.