Le Venezuela a officiellement demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies de déclarer illégales les récentes frappes militaires américaines menées contre des navires au large de ses côtes. Dans une lettre consultée par Reuters jeudi, Caracas appelle également les membres du Conseil à adopter une déclaration soutenant la souveraineté vénézuélienne face à ce qu’elle qualifie d’agression unilatérale.
Les frappes, ordonnées par le président américain Donald Trump dans le cadre d’un vaste déploiement militaire dans le sud des Caraïbes, ont été justifiées par Washington comme faisant partie d’opérations antidrogue. Cependant, l’administration américaine n’a fourni à ce jour aucune preuve publique liant les navires ciblés à un trafic illicite, suscitant de vives critiques de la part du gouvernement de Nicolás Maduro.
L’ambassadeur du Venezuela auprès des Nations Unies, Samuel Moncada, a déclaré lors d’une intervention au siège de l’ONU à New York que ces actions violaient le droit international et constituaient « un précédent dangereux d’ingérence armée sous couvert de sécurité régionale ». Il a appelé les membres permanents du Conseil à condamner ce qu’il décrit comme une « provocation militaire injustifiée ».
La demande vénézuélienne intervient dans un contexte déjà tendu entre Caracas et Washington, marqué par des années de sanctions économiques, de ruptures diplomatiques, et d’accusations mutuelles d’atteinte à la stabilité régionale. Pour le Venezuela, l’intervention militaire américaine s’inscrit dans une stratégie de déstabilisation visant à affaiblir son gouvernement et à influencer l’échiquier politique intérieur.
Reste à savoir quelle sera la réaction des membres du Conseil de sécurité, dont les intérêts stratégiques divergent fortement sur la question vénézuélienne. Si la Chine et la Russie pourraient soutenir la démarche de Caracas, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France risquent de s’y opposer fermement, rendant peu probable l’adoption d’une résolution contraignante dans l’immédiat.