Les services de renseignement britanniques (MI5) ont émis un nouvel avertissement aux parlementaires concernant les risques croissants d’espionnage menés par des agents liés à la Chine. Dans un courriel consulté par Reuters et adressé aux membres du Parlement, le MI5 met en lumière des tentatives systématiques de collecte d’informations sensibles et d’influence politique par des intermédiaires opérant pour le compte du ministère chinois de la Sécurité d’État.
Cette alerte fait suite à l’abandon par les procureurs, en septembre, d’un procès contre deux Britanniques accusés d’espionnage au profit de Pékin. Le manque de preuves formelles pour démontrer une menace directe à la sécurité nationale avait alors fragilisé l’accusation. Néanmoins, les autorités sécuritaires persistent à considérer la Chine comme un acteur de plus en plus agressif sur le front du renseignement.
Lindsay Hoyle, président de la Chambre des communes, et son homologue de la Chambre des lords, ont relayé cette nouvelle mise en garde, évoquant une stratégie de long terme du régime chinois visant à infiltrer les institutions britanniques. Selon Hoyle, des agents utilisent notamment des plateformes professionnelles comme LinkedIn pour contacter des parlementaires, leurs assistants, ou encore des membres de think tanks stratégiques.
Le MI5 signale également que des milliers d’offres d’emploi falsifiées ont été diffusées en ligne dans le but d’attirer des professionnels et d’exploiter leurs données sensibles. Ces pratiques s’inscrivent dans une dynamique plus large de guerre de l’information et de collecte furtive de renseignements par des moyens non conventionnels.
Ce n’est pas la première fois que la Chine est accusée d’ingérence politique au Royaume-Uni. En 2022, une avocate britannique, Christine Lee, avait été désignée par le MI5 comme une agente agissant au nom du Parti communiste chinois. Malgré une plainte déposée par Lee contre les services de sécurité pour atteinte à sa réputation, la justice a confirmé les accusations à son encontre.
Face à ces révélations, l’ambassade de Chine à Londres n’a pas immédiatement réagi. Pékin a toutefois, par le passé, toujours nié s’ingérer dans les affaires internes du Royaume-Uni, dénonçant des accusations qu’il juge infondées et alimentées par une « mentalité de guerre froide ».
Le MI5 insiste néanmoins sur la constance et l’ampleur de la menace chinoise, que son directeur général Ken McCallum qualifie de « menace quotidienne » pour la sécurité nationale britannique. Les parlementaires sont ainsi appelés à redoubler de vigilance face aux tentatives d’approche, même anodines en apparence, sur les réseaux sociaux ou dans les milieux professionnels.