Le Bangladesh tiendra un référendum national en février prochain sur la réforme de sa charte constitutionnelle, a annoncé jeudi Muhammad Yunus, chef du gouvernement intérimaire et lauréat du prix Nobel de la paix. Ce vote coïncidera avec les élections législatives promises pour la première quinzaine de février, censées marquer une nouvelle étape politique après la chute du gouvernement de Sheikh Hasina.
Le décret approuvant la mise en œuvre de la « Charte de juillet » a été adopté jeudi par le gouvernement intérimaire. Ce texte, rédigé après le soulèvement étudiant meurtrier de 2024, vise à transformer les institutions politiques du pays et à inscrire dans la Constitution la reconnaissance officielle de ce mouvement qui a conduit à la fuite de l’ancienne Première ministre en Inde.
Dans une allocution télévisée, Yunus a présenté ce double scrutin comme une occasion de « renouveau démocratique ». « Nous avons décidé que le référendum se tiendra le même jour que les élections législatives nationales », a-t-il déclaré, ajoutant que cette organisation conjointe rendrait le processus « plus festif et plus économique ».
La Charte de juillet prévoit plusieurs réformes majeures : limitation du mandat du Premier ministre, renforcement des pouvoirs du président, élargissement des droits fondamentaux, reconnaissance accrue des femmes dans la vie politique et consolidation de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Elle ambitionne de refonder le système politique sur des bases plus inclusives et transparentes.
La majorité des formations politiques du pays ont signé le texte, mais le Parti national des citoyens (PCN), né du mouvement de contestation de 2024, a refusé d’y adhérer. Il dénonce l’absence de garanties juridiques et de mécanismes contraignants pour assurer la mise en œuvre effective des réformes promises.
Malgré ces réserves, le gouvernement par intérim espère que le référendum permettra de tourner la page d’une décennie de tensions politiques et de répression. « Le pays s’apprête à vivre des élections festives et à entrer dans l’ère du Nouveau Bangladesh », a conclu Yunus, appelant les partis à privilégier « l’intérêt supérieur de la nation ».