La Chine a vivement critiqué lundi le gouvernement britannique pour avoir une nouvelle fois reporté sa décision concernant la construction d’une nouvelle ambassade chinoise à Londres. Pékin accuse le Royaume-Uni de manquer de « crédibilité et d’éthique », estimant que ce retard traduit une volonté politique de freiner la coopération bilatérale.
Prévue pour être la plus grande ambassade chinoise en Europe, la future représentation devait s’établir à proximité de la Tour de Londres, un emplacement jugé stratégique par Pékin. Cependant, le projet est gelé depuis trois ans, notamment en raison de l’opposition d’habitants du quartier, de certains parlementaires britanniques et de militants pro-démocratie originaires de Hong Kong installés au Royaume-Uni.
Les détracteurs du projet invoquent des inquiétudes liées à la sécurité, à la surveillance et à la symbolique politique qu’une telle implantation représenterait. Certains élus ont également appelé à davantage de transparence sur les conditions d’acquisition du terrain et sur l’usage que Pékin ferait de ce vaste complexe diplomatique.
De son côté, la Chine dénonce des manœuvres politiciennes et affirme que la coopération entre les deux pays devrait reposer sur « le respect mutuel et la non-ingérence ». Pékin estime que le report répété de l’autorisation traduit une hostilité croissante des autorités britanniques, dans un contexte de relations tendues autour des questions de droits humains et de sécurité technologique.
Les tensions autour de cette ambassade s’inscrivent dans un climat diplomatique déjà fragile entre Londres et Pékin. Le Royaume-Uni a durci sa position vis-à-vis de la Chine ces dernières années, notamment concernant Hong Kong, les droits des Ouïghours et la présence d’entreprises chinoises dans ses infrastructures stratégiques.