Le président salvadorien Nayib Bukele a déclaré être ouvert à l’idée de rester à la tête du pays pendant encore dix ans, malgré les critiques persistantes sur la légalité de son second mandat. Arrivé au pouvoir en 2019, le chef de l’État s’est exprimé dans une interview vidéo publiée lundi, ravivant le débat sur l’avenir institutionnel du Salvador.
« Si cela ne tenait qu’à moi, je resterais encore dix ans », a affirmé Bukele lors de cet entretien accordé à un youtubeur espagnol. Il a toutefois précisé qu’il s’était initialement accordé avec son épouse pour quitter la vie politique en 2029, laissant entendre que cette position personnelle pourrait évoluer en fonction des circonstances.
Le second mandat de Bukele est vivement contesté par ses opposants et par des juristes, qui estiment qu’il contrevient à la Constitution salvadorienne interdisant la réélection immédiate. Ses partisans, eux, soutiennent que sa popularité et ses politiques sécuritaires justifient une continuité du pouvoir, dans un pays longtemps marqué par la violence des gangs.
Sous sa présidence, le Salvador a enregistré une baisse spectaculaire des homicides, attribuée à une politique de sécurité extrêmement ferme. Cette stratégie, saluée par une large partie de la population, a cependant suscité de fortes critiques d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des arrestations massives et des atteintes aux libertés fondamentales.
Les déclarations de Bukele interviennent alors que son gouvernement multiplie les projets d’infrastructures et de développement, présentés comme les piliers d’une transformation économique à long terme. Le président affirme vouloir inscrire son action dans la durée pour consolider ces réformes.
Sur la scène internationale, les propos du dirigeant salvadorien alimentent les inquiétudes sur une possible dérive autoritaire. Ses détracteurs estiment qu’une prolongation de son pouvoir affaiblirait encore davantage les contre-pouvoirs institutionnels, tandis que ses soutiens voient en lui un dirigeant pragmatique capable d’assurer stabilité et croissance.
Ces prises de position confirment en tout cas la centralité de Nayib Bukele dans la vie politique salvadorienne et laissent présager des débats intenses sur la gouvernance du pays dans les années à venir.