L’Europe se prononce sur un programme visant à faciliter l’accès à l’avortement (AP)
L’Europe se prononce sur un programme visant à faciliter l’accès à l’avortement (AP)

Le Parlement européen doit voter mercredi sur un projet visant à élargir l’accès à l’avortement au sein de l’Union européenne, dans un contexte de fortes disparités entre les États membres et de montée des forces politiques conservatrices et d’extrême droite.

La proposition prévoit notamment que l’Union européenne puisse prendre en charge les frais médicaux des femmes contraintes de se rendre à l’étranger pour subir une interruption volontaire de grossesse, lorsque la législation de leur pays rend cette procédure difficile ou impossible. Les défenseurs du texte estiment qu’il s’agit d’une mesure nécessaire pour garantir l’égalité d’accès aux soins de santé reproductive à l’échelle européenne.

Le débat intervient alors que plusieurs pays de l’UE appliquent parmi les lois les plus restrictives du continent en matière d’avortement. En Pologne, par exemple, la quasi-totalité des interruptions de grossesse est interdite, une situation qui a suscité de vastes manifestations ces dernières années après le décès de femmes enceintes dans des hôpitaux, des drames que les militants attribuent à la législation en vigueur.

Les partisans du projet soulignent que l’accès à l’avortement relève des droits fondamentaux et de la santé publique, tandis que ses opposants dénoncent une ingérence de l’Union dans des compétences qu’ils jugent strictement nationales. La progression de partis opposés à la libéralisation de l’avortement dans plusieurs États membres rend l’issue du vote incertaine.

Si le texte était adopté, il constituerait une étape politique majeure, même si sa mise en œuvre concrète resterait complexe, l’avortement demeurant largement de la compétence des États. Le vote de mercredi est ainsi perçu comme un signal fort sur l’orientation que souhaite donner l’Union européenne en matière de droits des femmes et de santé reproductive.

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