La présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a nommé mardi soir l’ancien président du Parlement, Glauk Konjufca, au poste de Premier ministre, dans une tentative de briser l’impasse politique qui paralyse le pays depuis plusieurs mois. Cette décision vise à éviter de nouvelles élections anticipées après l’échec du précédent candidat, Albin Kurti, dont la nomination a été rejetée par le Parlement en octobre.
Konjufca, 44 ans, dispose désormais de 15 jours pour former un gouvernement et obtenir l’approbation du Parlement. Proposé par le mouvement nationaliste de gauche Vetevendosje, dont il est un proche allié, il devra convaincre une opposition déterminée à bloquer sa nomination. Les principaux partis adverses ont d’ores et déjà déclaré qu’ils refuseraient de voter pour un gouvernement dirigé par Konjufca, qu’ils considèrent comme le prolongement politique d’Albin Kurti.
« En tant que présidente, j’ai estimé qu’il était dans l’intérêt du Kosovo de tenter de former un gouvernement afin que les décisions urgentes ne soient pas retardées de plusieurs mois supplémentaires », a déclaré Osmani lors d’une conférence de presse. Elle a exhorté les députés à soutenir cette nomination pour permettre l’adoption du budget 2026 et la ratification de plusieurs accords financiers internationaux actuellement gelés.
Depuis les élections indécises de février, le Kosovo traverse une crise institutionnelle profonde. L’absence de majorité stable a bloqué plusieurs projets d’infrastructure, retardé les réformes administratives et entraîné la suspension partielle de certains financements de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Ce blocage compromet également les efforts du pays pour progresser sur la voie de l’intégration européenne.
Si le Parlement rejette à nouveau la candidature du Premier ministre désigné, Vjosa Osmani sera contrainte de dissoudre l’Assemblée et de convoquer des élections anticipées, probablement au début de l’année prochaine. Une telle perspective inquiète les observateurs internationaux, qui redoutent une instabilité prolongée dans ce petit État des Balkans déjà fragilisé par des tensions ethniques persistantes dans le nord du pays, où vit une importante minorité serbe.
Le Kosovo, qui a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008 à la suite d’une intervention militaire de l’OTAN, reste confronté à de nombreux défis politiques et diplomatiques. Les relations avec Belgrade demeurent tendues, tandis que la méfiance entre la majorité albanaise et la minorité serbe continue d’alimenter des affrontements sporadiques. En dépit du soutien constant des États-Unis et de l’Union européenne, la stabilité institutionnelle du pays reste fragile et la réussite ou l’échec de la mission confiée à Glauk Konjufca pourrait s’avérer décisive pour son avenir politique.