Le Parlement du Bénin a adopté une révision constitutionnelle majeure prévoyant l’allongement du mandat présidentiel et l’introduction d’une nouvelle chambre législative, à quelques mois de l’élection présidentielle d’avril. Le texte a été approuvé samedi par 90 voix contre 19 à l’Assemblée nationale et doit désormais être validé par la Cour constitutionnelle avant d’entrer en vigueur.
La réforme étendrait la durée des mandats présidentiel et parlementaire de cinq à sept ans, tout en maintenant la limite de deux mandats pour le chef de l’État. Elle prévoit également la création d’un Sénat composé de 25 à 30 membres, incluant d’anciens présidents et des personnalités nommées par le futur chef de l’État. Cette nouvelle chambre aurait la capacité de demander une seconde lecture des lois votées par l’Assemblée, à l’exception de textes comme les lois financières.
Si elle est confirmée par la Cour constitutionnelle, la réforme s’appliquerait après l’élection d’avril, à l’issue de laquelle le président Patrice Talon quittera le pouvoir après dix années à la tête du pays. Le ministre des Finances, Romuald Wadagni, considéré comme un allié proche de Talon, apparaît comme le favori du camp présidentiel, alors que le principal candidat de l’opposition a été écarté pour absence des parrainages requis.
La principale formation d’opposition, Les Démocrates, a dénoncé des irrégularités lors du vote et rejeté la création du Sénat, y voyant un mécanisme destiné à renforcer l’influence du pouvoir sortant. Selon le député Kolawolé Djima Ogbon, la possibilité pour des ex-chefs d’État potentiellement Patrice Talon de siéger au sein de la nouvelle chambre constitutionnelle permettrait au président sortant de conserver un poids politique déterminant.
Cette réforme intervient dans un contexte de critiques récurrentes sur le rétrécissement de l’espace démocratique au Bénin, où plusieurs figures de l’opposition ont été empêchées de se présenter lors d’élections précédentes. L’adoption du nouveau dispositif institutionnel pourrait remodeler durablement le paysage politique du pays et façonner le prochain cycle présidentiel.