La Cour suprême d’Espagne a décidé jeudi de maintenir en détention provisoire l’ancien ministre des Transports José Luis Ábalos, au cœur d’un vaste scandale de corruption qui fragilise le gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez. Selon une décision judiciaire consultée par Reuters, le tribunal estime que l’ex-ministre présente un risque de fuite justifiant sa détention.
Ábalos, autrefois figure influente du Parti socialiste au pouvoir, est accusé d’avoir participé à un système de manipulation de marchés publics durant la pandémie de COVID-19. Avec son ancien assistant Koldo García et un homme d’affaires, il aurait truqué l’attribution de contrats pour des fournitures médicales, notamment des masques, dans le but d’en tirer un enrichissement personnel.
La semaine dernière, les procureurs anticorruption ont requis une peine de 24 ans de prison contre l’ex-ministre, soulignant la gravité des faits et l’abus de pouvoir reproché à un responsable occupant des fonctions clés pendant une crise sanitaire majeure. Les investigations portent notamment sur la manière dont certains contrats ont été attribués de façon accélérée, dans un contexte d’urgence qui aurait facilité les dérives.
L’affaire Ábalos s’ajoute à une série de scandales qui embarrassent le gouvernement Sánchez et alimentent les critiques de l’opposition, qui dénonce un manque de transparence et d’intégrité. Si les avocats de l’ex-ministre affirment qu’il conteste fermement les accusations, la décision de la Cour suprême renforce la pression judiciaire et politique autour du dossier.
Ce nouveau rebondissement intervient alors que les autorités espagnoles tentent de rétablir la confiance du public dans la gestion des contrats d’urgence conclus durant la pandémie, un sujet sensible qui continue de susciter un vif débat au sein de la société et de la classe politique.