Un panel de la Cour suprême brésilienne a constitué vendredi une majorité en faveur du jugement d’Eduardo Bolsonaro, député fédéral et fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, pour son implication dans une tentative présumée d’ingérence étrangère dans une procédure judiciaire. Selon les magistrats, Eduardo Bolsonaro aurait activement sollicité le soutien du président américain Donald Trump dans l’espoir de bloquer les poursuites pénales visant son père, accusé d’avoir tenté d’orchestrer un coup d’État après sa défaite électorale.
L’enquête porte sur des démarches menées à Washington, où Eduardo Bolsonaro aurait cherché à mobiliser des alliés de Trump et des relais politiques américains pour faire pression sur le gouvernement brésilien. Ces efforts auraient eu pour but d’entraver l’avancement d’un dossier explosif : celui où Jair Bolsonaro est accusé d’avoir tenté d’inverser le résultat de l’élection présidentielle en 2022 et d’avoir encouragé l’invasion des institutions à Brasilia en janvier 2023.
Le vote interne au sein du panel de la Cour suprême marque une étape décisive : avec une majorité acquise, le député sera officiellement jugé, ouvrant la voie à de possibles sanctions pénales. Le Brésil n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour la tenue du procès.
Eduardo Bolsonaro avait reconnu avoir discuté de la situation avec des figures américaines influentes, tout en niant avoir tenté d’exercer une quelconque pression illégale. De son côté, Jair Bolsonaro fait toujours face à plusieurs enquêtes pour abus de pouvoir, tentative de subversion de l’ordre démocratique et manipulation institutionnelle.
Ce nouvel épisode accentue encore la pression judiciaire qui entoure la famille Bolsonaro, au moment où le pays continue de débattre des responsabilités dans l’une des plus graves crises institutionnelles de son histoire récente.