Une assemblée régionale japonaise a ouvert mardi des délibérations cruciales concernant le redémarrage partiel de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde. Situé à environ 300 kilomètres au nord-est de Tokyo, le site, exploité par Tokyo Electric Power Co (TEPCO), est à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. Les législateurs de la préfecture de Niigata doivent voter avant le 22 décembre sur la reprise de l’unité n°6, un pas majeur pour le Japon qui cherche à renforcer ses sources d’énergie nationales.
La région côtière, qui englobe la ville de Kashiwazaki et le village de Kariwa, attire une attention particulière : près de 80 000 habitants vivent à proximité de la centrale, fermée à la suite du tsunami qui avait dévasté le réacteur de Fukushima Daiichi. Le vote attendu représente un test important pour TEPCO, pour qui il s’agirait du premier redémarrage d’un réacteur depuis la triple catastrophe de 2011.
Lundi, le président de TEPCO, Tomiaki Kobayakawa, a défendu la nécessité de relancer l’énergie nucléaire, soulignant que le Japon, pauvre en ressources naturelles, devait sécuriser un approvisionnement stable pour faire face à ses besoins croissants. Au cours d’une visite de la centrale organisée pour des représentants de la Fédération des entreprises japonaises, il a insisté sur le rôle central que jouerait le nucléaire dans la stratégie énergétique future du pays.
Depuis Fukushima, le Japon a fermé ses 54 réacteurs, et seuls quelques-uns ont été progressivement relancés après de nouvelles inspections de sécurité renforcées. Le vote de l’assemblée de Niigata pourrait ainsi constituer un tournant, alors que le gouvernement mise sur une diversification énergétique incluant le nucléaire pour réduire sa dépendance aux importations et répondre aux enjeux climatiques.
Pour TEPCO comme pour les autorités nationales, la décision à venir revêt une importance stratégique majeure. Mais elle s’accompagne également d’une forte vigilance locale, les habitants et les élus régionaux restant marqués par le traumatisme de 2011. Alors que les discussions se poursuivent, la question du redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa demeure l’un des dossiers énergétiques les plus sensibles du pays.