Israël et le Hezbollah ont accepté un cessez-le-feu au Liban, avec une entrée en vigueur annoncée vendredi à 16 heures, heure locale. L’accord fait suite à une forte reprise des combats dans la nuit et la matinée, marquée par des frappes israéliennes au Liban et une attaque meurtrière du Hezbollah contre des soldats israéliens.
Un haut responsable américain a indiqué que les négociateurs américains et qataris avaient travaillé à l’accord avec l’aide de l’Iran. Le Hezbollah, mouvement libanais soutenu par Téhéran, était directement concerné par les discussions, alors que l’escalade au Liban menaçait de faire dérailler les efforts diplomatiques plus larges engagés au Moyen-Orient.
18 morts au Liban, quatre soldats israéliens tués
La trêve débute après une nuit particulièrement violente. Les frappes israéliennes ont tué au moins 18 personnes au Liban, d’après le ministère libanais de la santé. Dans le même temps, quatre soldats israéliens ont été tués dans le sud du Liban lors d’une attaque attribuée au Hezbollah, l’un des épisodes les plus meurtriers pour l’armée israélienne dans cette phase du conflit.
Avant l’annonce du cessez-le-feu, Israël avait durci le ton. Benyamin Nétanyahou a affirmé qu’Israël ne tolérerait aucune attaque contre ses soldats ou son territoire et que le Hezbollah paierait « un prix très lourd ». Le premier ministre israélien a aussi répété que l’armée resterait dans la zone de sécurité du sud du Liban aussi longtemps que nécessaire.
Beyrouth réclame un cessez-le-feu total
Le président libanais Joseph Aoun a condamné l’escalade israélienne dans la vallée de la Bekaa et dans le sud du Liban. Il a affirmé vouloir poursuivre les efforts pour obtenir un cessez-le-feu global, présenté comme une condition préalable à toute discussion sur les autres dossiers : retrait israélien, déploiement de l’armée libanaise et retour des prisonniers.
Le Hezbollah a, de son côté, accusé Israël de n’avoir respecté aucun cessez-le-feu depuis novembre 2024. Le mouvement a affirmé qu’il resterait vigilant face à Israël, tout en dénonçant les frappes contre des villages libanais.
Les discussions Washington-Téhéran perturbées
L’escalade au Liban a eu un effet immédiat sur la diplomatie régionale. Des discussions entre les États-Unis et l’Iran, prévues vendredi en Suisse, ont été annulées. Elles devaient porter sur la consolidation d’un accord intérimaire destiné à mettre fin à la guerre plus large au Moyen-Orient et à sécuriser la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime international.
Un responsable du Hezbollah avait indiqué auparavant que l’Iran avait fait savoir au mouvement que les discussions avec Washington ne pouvaient pas se poursuivre sans mise en œuvre d’un cessez-le-feu global. Le ministère iranien des affaires étrangères a accusé les États-Unis de porter une responsabilité directe dans les attaques israéliennes contre le Liban et a affirmé que Téhéran prendrait les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts.
Un cessez-le-feu annoncé, mais encore fragile
L’annonce fixe un arrêt des hostilités, mais les modalités précises restent limitées à ce stade. La durée de la trêve, les mécanismes de contrôle, les garanties de retrait ou de non-reprise des frappes n’ont pas été détaillés publiquement. Le point central reste l’arrêt effectif des combats sur le terrain, après plusieurs accords précédents contestés ou rompus par les belligérants.
Le cessez-le-feu place désormais Israël, le Hezbollah, le Liban, l’Iran, les États-Unis et le Qatar face à une échéance immédiate : faire tenir la trêve après une séquence de violences qui a déjà fait des morts des deux côtés de la frontière.