L’Équateur a enregistré une flambée de la violence en 2025, avec une hausse de 40,36 % des homicides sur les sept premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2024, a annoncé jeudi le ministère de l’Intérieur.
Entre janvier et juillet, 5 268 meurtres ont été recensés dans le pays, contre 3 753 l’an dernier sur la même période. Il s’agit du bilan le plus meurtrier observé en une décennie. Selon le rapport, les victimes étaient majoritairement âgées de 25 à 34 ans, et la plupart des crimes ont été commis par arme à feu.
Cette escalade intervient malgré les mesures de fermeté adoptées par le président Daniel Noboa, élu cette année pour un mandat complet. Le chef de l’État a déployé l’armée dans plusieurs zones sensibles et obtenu du Parlement un renforcement des sanctions, notamment contre le trafic de drogue, dans l’espoir d’endiguer l’emprise des gangs.
Le contraste est d’autant plus frappant que l’Équateur avait connu une baisse de 15 % des homicides en 2024, selon les données officielles. Mais depuis le début de 2025, les affrontements entre bandes criminelles rivales se sont intensifiés, alimentés par la lutte pour le contrôle des routes de la drogue, soumises à une pression croissante des forces de sécurité.
Guayaquil, principale ville portuaire et épicentre du trafic, illustre la gravité de la crise sécuritaire. Alors que le pays s’apprête à voter lors de l’élection présidentielle dimanche, la violence et la criminalité dominent largement les préoccupations de la population.
Pour le gouvernement, la vague meurtrière actuelle témoigne de la brutalité des cartels et du défi de restaurer l’autorité de l’État dans un pays devenu l’un des principaux points de transit de la cocaïne à destination des États-Unis et de l’Europe.