Dans la commune de Vallet, en Loire-Atlantique, une plateforme du groupe Suez transforme des milliers de tonnes de biodéchets en compost. Portée par la loi anti-gaspillage, cette activité connaît un essor fulgurant et alimente désormais une filière locale en plein développement.
Des volumes en forte croissance
Depuis l’ouverture de la plateforme Fertiloire, en 2021, les biodéchets affluent. Alors que les premières livraisons ne dépassaient pas les 15 tonnes par mois, la cadence a été multipliée par vingt en trois ans. En 2025, ce sont 6 000 tonnes de déchets alimentaires qui seront traitées sur le site, soit un quart de son activité. L’origine de ces volumes ? Les collectes menées par Nantes Métropole et Les Alchimistes, une structure spécialisée dans la récupération des restes alimentaires issus des collectivités et des entreprises. À terme, et avec l’extension des dispositifs de collecte sur l’agglomération nantaise, les responsables du site envisagent de traiter jusqu’à 8 000 tonnes de biodéchets chaque année. Une croissance maîtrisée, puisque la capacité totale de traitement du centre s’élève à 27 000 tonnes, en intégrant également les déchets verts et les boues issues de stations d’épuration.
Un compost local, normé et recherché
Le processus de valorisation suit un protocole précis. Les déchets alimentaires sont mélangés avec des déchets verts broyés, puis placés dans un bâtiment de fermentation où la température atteint 65 °C pendant trois jours. Ensuite, le mélange est tamisé pour éliminer les impuretés, principalement du plastique. Si la part de ces indésirables reste inférieure à 4 % en poids, elle reflète encore les erreurs de tri en amont. Chaque tonne de biodéchets produit environ 500 kg de compost. Ce dernier, riche en azote, phosphore et potasse, est destiné à nourrir les terres agricoles dans un rayon de 70 kilomètres. Normé pour un usage en agriculture biologique, ce compost est commercialisé en circuit court par le groupe Terreal, apportant une alternative locale et durable aux engrais chimiques. Le chiffre d’affaires du site, estimé entre 750 000 et 1 million d’euros selon les volumes, témoigne d’un modèle encore en construction. Mais pour les responsables de la plateforme, le cap est clair : structurer une filière vertueuse, au service des agriculteurs comme de l’environnement.