Édouard Philippe semble avoir sérieusement évolué sur la démocratie référendaire. Invité de franceinfo ce mardi, l’ancien Premier ministre, désormais lancé dans la course à l’élection présidentielle de 2027, s’est présenté comme parfaitement à l’aise avec l’idée de consulter directement les Français. Mieux : il souhaite même rendre le recours au référendum « plus habituel ». Une position qui contraste singulièrement avec celle du locataire de Matignon en 2019, lorsque le référendum d’initiative citoyenne réclamé par les Gilets jaunes le « hérissait ».
IL A DIT…
Interrogé sur les propositions de Bruno Retailleau, qui souhaite notamment réviser la Constitution afin d’élargir le champ du référendum à l’immigration, Édouard Philippe a tenu à afficher son attachement à cet outil démocratique : « Je n’ai aucun problème avec l’idée de référendum. Et je pense d’ailleurs qu’on doit rendre plus habituel l’utilisation du référendum. »
L’ancien Premier ministre précise néanmoins vouloir respecter le cadre fixé par l’article 11 de la Constitution et refuse, contrairement à Bruno Retailleau, de contourner le Conseil constitutionnel. Mais sur le principe, le candidat Philippe se veut désormais limpide : davantage de référendums ? « Ça me va très bien », assure-t-il.
Un discours destiné à montrer qu’il n’a aucune crainte à rendre directement la parole aux Français.
IL A MENTI !
Retour sept ans en arrière. Le 25 janvier 2019, en pleine crise des Gilets jaunes, Édouard Philippe participait au Grand débat national à Sartrouville. Et lorsque venait la question du référendum d’initiative citoyenne, alors réclamé avec insistance par une partie du mouvement, le Premier ministre se montrait beaucoup moins enthousiaste :
« Si je devais le dire en une formule, je dirais que le RIC, ça me hérisse. »
Et Édouard Philippe ne s’arrêtait pas là. Il mettait en garde contre une « mécanique terrible » dans laquelle les Français pourraient régulièrement remettre en cause des décisions déjà votées. À ses yeux, le référendum d’initiative partagée, beaucoup plus encadré et difficile à déclencher, était préférable parce que davantage respectueux de la démocratie représentative.
Certes, Édouard Philippe n’était pas hostile en 2019 à toute forme de référendum. Quelques semaines auparavant, il reconnaissait même que le référendum pouvait être « un bon instrument dans une démocratie », à condition de ne pas l’utiliser sur n’importe quel sujet. Mais son hostilité au RIC était alors particulièrement nette.
Sept ans plus tard et une présidentielle en ligne de mire, le vocabulaire a donc radicalement changé. Ce qui le « hérissait » hier est devenu un outil dont il faudrait rendre l’usage « plus habituel » aujourd’hui.
À Matignon, face aux Gilets jaunes, Édouard Philippe redoutait une démocratie directe susceptible de remettre en cause les décisions du pouvoir. Candidat à l’Élysée, face à des Français qui réclament toujours davantage d’être consultés, il redécouvre soudain les vertus du référendum.
Comme souvent en politique, certaines convictions deviennent beaucoup plus souples à l’approche d’une présidentielle.

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