L’Autorité du canal de Suez (SCA) a annoncé mercredi la signature d’un accord de partenariat stratégique d’une valeur de 2 milliards de dollars avec Anchorage Investments pour la construction d’un complexe pétrochimique à Ain Sokhna, sur la côte de la mer Rouge. Ce projet ambitieux s’inscrit dans la stratégie égyptienne visant à renforcer sa capacité industrielle et à consolider la zone économique du canal de Suez comme un pôle majeur de production et d’exportation énergétique.
Selon un communiqué de la SCA, la première phase du projet portera principalement sur la production de polypropylène, un composant essentiel utilisé dans l’industrie des plastiques, ainsi que sur le développement de capacités de production d’hydrogène. Cette étape initiale devrait permettre de répondre à la demande croissante en matériaux pétrochimiques sur les marchés régionaux et internationaux.
Une seconde phase, dont le coût est estimé à 4,5 milliards de dollars supplémentaires, prévoit l’ajout de plusieurs unités industrielles destinées à produire une gamme élargie de produits pétrochimiques à forte valeur ajoutée. La majorité de cette production sera orientée vers l’exportation, renforçant ainsi le rôle de l’Égypte comme hub énergétique et logistique entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe.
Le président de l’Autorité du canal de Suez, Osama Rabie, a salué cet accord comme un « partenariat stratégique clé pour l’avenir industriel du pays », soulignant que le projet devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects tout en stimulant la croissance dans la région d’Ain Sokhna.
Ce nouveau complexe s’ajoute à une série d’investissements majeurs lancés dans la zone économique du canal, qui vise à attirer des capitaux étrangers et à diversifier l’économie nationale. L’Égypte, confrontée à des pressions économiques liées à la hausse des importations énergétiques et à la dépréciation de sa monnaie, voit dans le développement pétrochimique et la production d’hydrogène une opportunité stratégique pour accroître ses exportations et consolider sa souveraineté énergétique.
Avec ce partenariat, Le Caire confirme sa volonté d’accélérer sa transition vers une économie industrielle intégrée, capable de rivaliser avec les grands centres de production du Moyen-Orient tout en tirant parti de sa position géographique unique au carrefour du commerce mondial.