Dans la vallée du Cachemire, berceau d’un artisanat millénaire, des milliers de tisserands indiens voient leur savoir-faire menacé par les récentes décisions commerciales américaines. Depuis qu’en août, le président Donald Trump a doublé les droits de douane à 50 % sur les produits indiens, l’exportation des célèbres tapis cachemiriens s’est effondrée, plongeant une grande partie des artisans dans la précarité.
À Srinagar, Gulzar Ahmad Bhat, 49 ans, a dû abandonner son métier après 35 années passées sur le métier à tisser. Ne pouvant plus subvenir aux besoins de sa famille ni payer les études de ses enfants, il vend désormais du thé aux touristes sur les rives du lac Dal. Comme lui, de nombreux artisans ont quitté les ateliers où résonnaient autrefois les gestes précis du tissage manuel.
Les tapis du Cachemire, reconnus dans le monde entier pour leur finesse et leurs motifs complexes, dépendent largement des marchés occidentaux. Or, la hausse brutale des tarifs américains a provoqué une chute des commandes, aggravée par la concurrence de produits manufacturés à bas coût venus d’Asie du Sud-Est.
Les associations locales alertent sur le risque de disparition d’un patrimoine culturel unique, transmis de génération en génération. Sans un allègement des restrictions commerciales, préviennent-elles, le Cachemire pourrait perdre l’un de ses plus anciens symboles de fierté et de survie économique.