Le sommet Choose France, revisité cette année en version entièrement dédiée aux entreprises tricolores, a livré un bilan contrasté. Le gouvernement annonce 30,4 milliards d’euros d’investissements, répartis dans 151 projets, mais seuls 9,2 milliards concernent de véritables initiatives nouvelles. Le reste agrège des engagements déjà rendus publics ces douze derniers mois, une manière de montrer un front industriel uni malgré un climat économique et politique encore incertain. L’objectif du rendez-vous, organisé lundi à Versailles, est clair : rappeler que la réindustrialisation n’est pas qu’un slogan et convaincre les entreprises françaises d’investir davantage pour ancrer leurs activités sur le territoire.
Entre annonces fraîches et recyclage d’engagements
Dans cette édition centrée sur les acteurs nationaux, plusieurs groupes profitent du sommet pour confirmer ou préciser leurs ambitions. Sanofi prévoit ainsi 700 millions d’euros « sur une année glissante » en 2025-2026, en mêlant projets déjà lancés et opérations à venir. D’autres industriels s’inscrivent dans un mouvement similaire : Urgo investira 60 millions d’euros dans une nouvelle usine dans la Loire, Safran développe une unité de freins carbone dans l’Ain pour plus de 450 millions d’euros, et Danone annonce 300 millions d’investissements, assortis d’une relocalisation de 45 000 tonnes de production d’ici 2028. À travers ces annonces, l’exécutif cherche à montrer que les implantations se multiplient, même si de nombreux projets étaient déjà engagés avant le sommet.
Un exercice de confiance pour une économie sous tension
Au-delà des chiffres, l’événement vise à rassurer un tissu économique marqué par les fermetures d’usines, les arbitrages énergétiques et la poursuite d’un cycle d’incertitude politique. Le Premier ministre a rejoint les discussions en début d’après-midi pour réaffirmer la priorité accordée à la réindustrialisation, alors que plusieurs fédérations professionnelles et organisations syndicales s’interrogent sur la réalité du redressement industriel. Si la France souhaite afficher sa capacité à attirer des projets d’envergure, la proportion limitée de nouvelles annonces illustre les limites du moment : convaincre les entreprises d’investir davantage exige désormais des conditions plus stables, tant sur le plan fiscal que réglementaire.