Les constructeurs automobiles, ces éternels nostalgiques du thermique, ont poussé un cri du cœur en décembre 2025 face à la proposition de la Commission européenne. Ils y ont vu, à tort, un retour en grâce pour leurs moteurs vrombissants. Erreur : l’électrique reste le maître-mot pour 2035, avec quelques flexibilités pour les Porsche ronflantes ou les hybrides rechargeables, à condition qu’ils soient forgés dans de l’acier vert. Sophie Fay, dans Le Monde, assène une vérité piquante : au lieu de pleurnicher, les géants de l’auto devraient se concentrer sur les batteries et convaincre les consommateurs. Car l’Europe, avec son objectif zéro émission d’ici 2050, n’a pas le luxe de traîner des pieds face au réchauffement climatique. Cette proposition, loin d’un revirement, maintient le cap électrique pour le gros du marché, reléguant les thermiques à des niches coûteuses. La Fédération de l’industrie automobile allemande (VDA) a parlé de « plan funeste », Stellantis de mesure « pas adaptée ». Chacun défend son bout de gras : les Français veulent repousser l’électrification des utilitaires, leur vache à lait, car les artisans rechignent aux batteries. Les Allemands, eux, militent pour un comptage clément des émissions des hybrides rechargeables, chouchous des clients aisés encore frileux au tout-électrique. Mais ces batailles d’arrière-garde masquent l’essentiel : l’Europe ne fait que temporiser pour les élites, pas pour le commun des mortels. Les infrastructures de recharge s’améliorent, les prix des batteries baissent, et pourtant, les constructeurs s’accrochent à leurs modèles d’affaires comme à des bouées percées.
Un virage inévitable, un consommateur à conquérir
Cette proposition de Bruxelles n’est pas un cadeau empoisonné, mais un rappel : l’électrique n’est pas négociable pour lutter contre le CO2. Les flexibilités accordées, hybrides ou thermiques verts, seront chères, réservées aux Ferrari et Porsche qui font rêver les catalogues. Pour le reste, cap sur les batteries. Les constructeurs devraient y voir une opportunité : investir massivement dans l’électrique pour dominer le marché de demain, plutôt que de quémander des délais. À Turin, où Stellantis produit encore des Fiat 500 hybrides, ou en Allemagne, berceau des Mercedes thermiques, il est temps de pivoter. L’Europe, avec son Green Deal, impose le rythme, et traîner des pieds pourrait coûter cher en parts de marché face aux Chinois, rois des batteries abordables. Le consommateur, lui, attend des preuves : des autonomies fiables, des prix accessibles, des bornes partout. Les constructeurs, au lieu de bouder, devraient les courtiser avec des innovations qui rendent l’électrique irrésistible. Car 2035 n’est pas une date arbitraire : c’est un ultimatum climatique. Et dans cette course, les pleurnichards risquent de finir dans le rétroviseur.