Autriche - les trains chinois débarquent en Europe, une première qui fait trembler Alstom
Autriche - les trains chinois débarquent en Europe, une première qui fait trembler Alstom

Pour la première fois, un train chinois circule sur une ligne longue distance d’Europe occidentale. Ce mercredi, la compagnie autrichienne Westbahn a mis en service la première des quatre rames à deux niveaux fournies par le géant chinois CRRC, entre Vienne et Salzbourg. Une avancée symbolique, mais lourde de conséquences pour le marché ferroviaire européen, jusqu’ici dominé par Alstom et Siemens Mobility.

Des trains livrés plus vite et 30 % moins chers

Le constructeur public chinois, déjà présent en Europe de l’Est avec quelques locomotives et projets en Serbie ou en Hongrie, franchit un cap avec cette livraison à l’Autriche. Westbahn, dont la SNCF détient 17,4 % du capital, justifie son choix par l’urgence d’obtenir du matériel roulant neuf. Face à la demande croissante et aux retards de production des industriels européens, certains opérateurs n’ont d’autre choix que de se tourner vers la Chine. CRRC, premier fabricant mondial de trains, bénéficie d’un soutien massif de l’État chinois. Ces subventions lui permettent de casser les prix jusqu’à 30 % par rapport à ses concurrents européens, une pratique assimilée à du dumping par la Commission européenne.

Vives inquiétudes sur la dépendance industrielle européenne

L’initiative autrichienne n’a pas manqué de faire réagir. Le ministre des Transports, Peter Hanke, a dénoncé un risque de dépendance vis-à-vis de pays tiers pour des « infrastructures critiques ». Il a appelé à un débat au niveau européen pour protéger les intérêts industriels du continent. En Europe, plusieurs marchés remportés par CRRC ont déjà été annulés, notamment en Bulgarie, en raison de ces soupçons de concurrence déloyale. Pourtant, la stratégie du groupe chinois commence à porter ses fruits : livraisons rapides, coûts réduits et technologies fiables séduisent des opérateurs pressés de renouveler leurs flottes.

Un signal d’alarme pour Alstom et Siemens

Alors qu’Alstom peine à livrer dans les délais, la percée chinoise agit comme un avertissement. Les industriels européens doivent renforcer leurs capacités de production sous peine de voir s’éroder leur domination. Certains experts tempèrent toutefois la menace, rappelant que les trains chinois restent bannis des États-Unis pour des raisons de sécurité, et que leur implantation durable en Europe dépendra des règles de concurrence. Mais d’autres, comme l’association autrichienne des industriels du ferroviaire, y voient un parallèle inquiétant avec l’industrie automobile, déjà fragilisée par la montée en puissance des véhicules chinois subventionnés.

Que retenir rapidement ?

Pour la première fois, un train chinois circule sur une ligne longue distance d’Europe occidentale. Ce mercredi, la compagnie autrichienne Westbahn a mis e

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