Le rideau s’est refermé mercredi soir sur la première journée du conclave au Vatican sans qu’un successeur au pape François ne soit désigné. Une fumée noire s’est élevée de la cheminée de la chapelle Sixtine, signifiant qu’aucun des 133 cardinaux électeurs réunis n’a obtenu la majorité nécessaire de deux tiers pour être élu pape.
Réunis dans le plus grand secret au cœur de la chapelle ornée des fresques de Michel-Ange, les prélats du monde entier ont entamé ce conclave dans une atmosphère solennelle, marquée par des chants liturgiques et des prières pour demander la guidance divine. Comme le veut la tradition, les cardinaux ont prêté serment de confidentialité, posant la main sur les Évangiles, avant que l’ordre « Extra omnes » ne soit proclamé, signifiant l’exclusion de toute personne étrangère au vote.
Ce premier tour de scrutin infructueux n’a surpris personne. Dans l’histoire récente de l’Église, aucun pape n’a été élu dès le premier jour d’un conclave. Les prochains scrutins débuteront jeudi, à raison de deux votes le matin et deux l’après-midi, jusqu’à ce qu’un candidat réunisse les suffrages d’au moins 89 cardinaux.
Cette élection se déroule dans un contexte de tensions internes, avec une Église profondément marquée par les 12 années du pontificat de François. Tandis que certains cardinaux souhaitent poursuivre les réformes entreprises par le pape défunt — notamment l’ouverture sur les questions sociales et la modernisation de l’Église — d’autres appellent à un retour à une doctrine plus conservatrice. Ce clivage rend l’émergence d’un consensus plus incertaine.
Parmi les favoris souvent cités figurent l’Italien Pietro Parolin, cardinal secrétaire d’État, et le Philippin Luis Antonio Tagle, proche idéologiquement de François. Mais d’autres noms circulent avec insistance, comme le Français Jean-Marc Aveline, le Hongrois Peter Erdo, l’Américain Robert Prevost ou encore l’Italien Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem.
Avec 133 électeurs issus de 70 pays — un record historique — le conclave reflète l’ambition du pape François d’élargir la représentation géographique de l’Église. Cette diversité pourrait peser dans le choix d’un pape venant du Sud global, où les fidèles sont de plus en plus nombreux, ou bien marquer un retour à un souverain pontife européen.
Le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du collège mais trop âgé pour voter, a rappelé lors d’un sermon que les cardinaux devaient « écarter toute considération personnelle » pour ne penser qu’au « bien de l’Église et de l’humanité ». Une ligne directrice qui résonne alors que l’Église catholique, forte de ses 1,4 milliard de fidèles, cherche un leader capable de rassembler et de gouverner avec sagesse en des temps de mutation.
Le monde attend désormais que la fumée devienne blanche, signal que l’Église s’est choisie un nouveau guide. Mais en attendant, les portes de la chapelle Sixtine restent closes, et le secret du vote, intact.