Marché automobile en berne, mais percée historique des voitures électriques en France
Marché automobile en berne, mais percée historique des voitures électriques en France

Le mois de novembre 2025 marque un tournant dans l’histoire de l’automobile française. Pour la première fois, les véhicules 100 % électriques ont représenté plus d’un quart des immatriculations mensuelles, franchissant la barre symbolique des 26 %. Une performance inédite qui contraste avec la morosité générale du marché, en léger repli de 0,3 % sur un an, et toujours loin de ses niveaux d’avant-crise. En novembre, 132 927 voitures particulières neuves ont été mises en circulation dans l’Hexagone, un chiffre quasiment stable par rapport à la même période en 2022. Mais en cumul depuis janvier, le marché s’affiche en baisse de 4,9 % par rapport à 2024. La reprise tant espérée après la pandémie n’a pas eu lieu, et les volumes demeurent 23 % en dessous de ceux de novembre 2019. L’attentisme règne chez les consommateurs comme chez les entreprises, freinés par des incertitudes économiques et politiques persistantes, en particulier autour du projet de loi de finances 2026, toujours flou à ce stade.

Leasing social et contraintes réglementaires : les clés du boom électrique

Malgré ce contexte peu porteur, les ventes de voitures électriques connaissent une dynamique spectaculaire. Le succès du leasing social relancé à l’automne joue un rôle central dans cette accélération. Ce dispositif, soutenu par l’État, permet à des ménages modestes d’accéder à un véhicule électrique via une location avec option d’achat à tarif préférentiel. L’impact est immédiat : les modèles zéro émission séduisent un public élargi, au-delà des seuls foyers aisés historiquement ciblés par l’électromobilité. Autre levier : les obligations imposées aux entreprises en matière de verdissement de leur parc automobile. Celles-ci doivent désormais intégrer au minimum 20 % de véhicules électriques dans leurs flottes, un seuil qui stimule la demande professionnelle et dope les volumes d’immatriculations. Depuis janvier, les voitures électriques représentent 20 % du total des nouvelles immatriculations en France. C’est un bond net après les 17 % enregistrés en moyenne sur les années 2023 et 2024. La croissance du segment semble donc s’ancrer durablement, malgré la faiblesse du marché global.

Ce basculement souligne une transition à deux vitesses 

D’un côté, un marché général plombé par l’inflation, la prudence des acheteurs et les tensions économiques ; de l’autre, une électrification progressive du parc, portée par des incitations publiques ciblées et une pression réglementaire croissante. Si la tendance se confirme, 2026 pourrait bien voir l’électrique dépasser un tiers du marché français. Mais sans un redémarrage plus global de la demande, la révolution verte risque de rester un phénomène de niche, soutenu artificiellement par des aides temporaires. Pour l’instant, c’est un record qui ne masque pas la stagnation d’ensemble.

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