Une attaque de drones ukrainiens force la fermeture de plusieurs aéroports autour de Moscou
Une attaque de drones ukrainiens force la fermeture de plusieurs aéroports autour de Moscou

Sur la ligne de front, les nuits calmes ne durent jamais longtemps. Dans un poste médical de fortune, les brancards arrivent à un rythme implacable. Mais pour de nombreux soldats ukrainiens, l’aide arrive trop tard : les frappes de drones russes retardent, voire empêchent, les évacuations.

« À cause des drones qui peuvent frapper loin, le danger est permanent, pour les blessés comme pour les équipes médicales », explique Daryna Boiko, anesthésiste de l’unité médicale Ulf du 108ᵉ bataillon des Loups de Da Vinci. « Le principal obstacle, c’est le transport. »

Des zones de mort à 20 km du front

Au début de la guerre, les ambulances pouvaient s’approcher à quelques centaines de mètres des combats. Aujourd’hui, les drones kamikazes FPV (first-person view), capables d’atteindre leurs cibles avec une précision redoutable, transforment tout un périmètre de 20 km autour du front en zone létale.
Les blessures par balles ont pratiquement disparu, remplacées par des amputations, brûlures et traumatismes causés par ces munitions télécommandées.

« Tout brûle sous l’impact des FPV — même les chars », confie le médecin militaire connu sous le nom de guerre Buhor, de la 59ᵉ brigade. Selon lui, la mortalité des blessés a « significativement » augmenté.

Survivre par soi-même

Face à l’impossibilité d’évacuer rapidement, les soldats apprennent désormais l’auto-secours et l’auto-évacuation. Artem Foursov, 38 ans, touché par un explosif de drone le 4 août, n’a atteint un poste médical que cinq jours plus tard, après avoir parcouru plusieurs kilomètres à pied.
« Là-bas, tu ne peux même pas relever la tête. C’est déjà une guerre de robots », dit-il.

Médecins en mouvement permanent

Dans la région de Pokrovsk, Buhor et son équipe ont dû déplacer leur poste médical d’urgence 17 fois en deux ans et demi, toujours sous la menace des drones. Les véhicules sont désormais équipés de brouilleurs électroniques, et les équipes partent en mission uniquement en gilets pare-balles et casques.

Mais plus ils reculent, plus les trajets pour évacuer les blessés s’allongent — un délai fatal pour les cas les plus graves.
« Nous faisons tout pour protéger les nôtres et tenir nos positions. Mais chaque mètre perdu rend le sauvetage des blessés encore plus difficile », souligne Daryna Boiko.

Entre innovations militaires et multiplication des drones, le champ de bataille ukrainien prend chaque jour davantage l’allure d’une guerre automatisée, où même l’accès aux premiers soins devient une lutte pour la survie.

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