À l’issue d’une nouvelle journée de concertation à Matignon, François Bayrou a tenu une conférence de presse pour dresser un bilan provisoire des discussions sur la réforme des retraites. S’il se félicite de « réels progrès » réalisés au cours des quatre derniers mois, notamment sur les conditions de départ des femmes et la reconnaissance de la pénibilité, deux désaccords continuent d’empêcher la signature d’un accord global.
Des progrès salués par l’exécutif
Le Premier ministre a insisté sur les avancées trouvées en matière de justice sociale. Il a notamment évoqué un compromis autour de l’abaissement de l’âge du départ à taux plein, même sans validation de tous les trimestres requis, de 67 à 66 ans et demi. Par ailleurs, une meilleure prise en compte de la maternité dans le calcul des pensions a été validée par l’ensemble des participants.
Selon François Bayrou, les femmes ayant eu un enfant pourraient désormais voir leur retraite calculée sur les 24 meilleures années (contre 25 aujourd’hui), et celles ayant eu deux enfants sur les 23 meilleures années. Ces mesures visent à corriger certaines inégalités persistantes dans le système actuel.
Les partenaires sociaux se sont également engagés à ne pas revenir sur l’âge légal de départ fixé à 64 ans par la loi de 2023. Un consensus a aussi été trouvé sur l’objectif d’un retour à l’équilibre du système d’ici à 2030.
Deux blocages importants persistent
Malgré ces avancées, deux sujets demeurent sans consensus. Le premier, la reconnaissance de la pénibilité : les syndicats réclament un droit automatique à un départ anticipé pour les salariés exerçant des métiers pénibles. Le patronat, de son côté, préfère une approche individualisée, avec une évaluation médicale préalable. Ce désaccord renvoie à une crainte patronale de voir émerger de nouveaux régimes spéciaux.
Deuxième sujet de discorde, le financement des mesures : si un accord semble avoir été trouvé sur deux sources de financement – 500 millions d’euros issus du compte pénibilité dans le cadre des accidents du travail, et 500 millions liés à une réforme du cumul emploi-retraite, il manque encore 400 millions pour garantir le financement global des mesures proposées. À ce stade, aucune solution n’a été arrêtée.
François Bayrou a averti que, faute d’accord, « le gouvernement prendra ses responsabilités » et pourrait intégrer certaines dispositions de compromis dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, prévu à l’automne prochain à l’Assemblée nationale.