Le tribunal administratif de Strasbourg a validé mardi le confinement définitif de 42 000 tonnes de déchets hautement toxiques à Stocamine, dans le Haut-Rhin. Une décision immédiatement contestée par la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), qui a annoncé son intention de faire appel. Pour les élus alsaciens, comme pour plusieurs associations environnementales, cette décision constitue une menace grave pour la santé et l’environnement. Ces déchets, contenant entre autres du cyanure, de l’arsenic et du mercure, sont entreposés depuis les années 2000 dans une ancienne mine de potasse à Wittelsheim. L’État a longtemps hésité entre un déstockage partiel et un confinement illimité, avant d’opter pour la seconde solution, arguant de risques croissants liés à la dégradation des galeries souterraines.
Une opposition massive balayée
Le jugement a été vivement critiqué par la CEA, qui y voit un « abandon silencieux de la responsabilité publique ». Dans son communiqué, elle déplore qu’aucune expertise sérieuse n’ait été menée sur l’option d’un déstockage progressif, pourtant massivement soutenue par les citoyens : lors de l’enquête publique, 98 % des contributions (1 571 sur 1 600) s’y étaient opposées. Plusieurs élus, des experts suisses et des autorités allemandes avaient eux aussi exprimé de fortes réserves. L’association Alsace Nature, engagée de longue date pour le déstockage, s’est dite « profondément déçue ». Son directeur, Stéphane Giraud, a affirmé que toutes les voies juridiques restaient ouvertes pour contester la décision de l’État, qu’il accuse d’ignorer la volonté locale. Le site de Stocamine, installé au-dessus d’une nappe phréatique stratégique pour la région, cristallise les tensions depuis plus de deux décennies. L’issue du dossier est désormais suspendue à l’appel que s’apprête à déposer la collectivité alsacienne.