Il aurait pu y rester. Encore. Jan Ullrich, 51 ans, ancien vainqueur du Tour de France et figure tragique du cyclisme allemand, a été violemment percuté par une voiture vendredi dernier, lors d’une sortie à vélo. Résultat : fracture de la clavicule, contusions multiples, abrasions. Hospitalisé en urgence, l’ex-champion est aujourd’hui tiré d’affaire. Depuis son lit, il a tenu à rassurer ses fans dans un message publié sur Instagram : « Oui, c’est vrai, j’ai été renversé par une voiture pendant l’entraînement ». Souriant, mais affaibli, le champion olympique 2000 a aussi remercié les centaines de messages de soutien reçus. Il promet de revenir sur les circonstances précises de l’accident dans son podcast Ulle & Rick.
Une résilience à répétition
Consultant pour Eurosport, Ullrich devait participer à l’émission Vélo Club pour le départ du Tour d’Italie. Il a dû annuler. Il espère néanmoins être remis à temps pour son propre événement, le Jan Ullrich Cycling Festival, prévu les 17 et 18 mai à Bad Dürrheim, en Allemagne. Ce nouvel accident vient s’ajouter à une série noire qui entoure l’ancien prodige du peloton. En 2018, rongé par ses addictions, il avait frôlé la mort. Rebelote en 2021, victime cette fois d’une thrombose et d’un empoisonnement du sang, conséquence directe d’années d’excès. Jan Ullrich, vainqueur du Tour de France 1997 et unique successeur allemand de l’ère Indurain, incarne une génération perdue entre gloire et chute. Si ses démons l’ont poursuivi bien au-delà de sa carrière, son corps, lui aussi, semble ne pas lui laisser de répit. Miraculé à plusieurs reprises, il s’accroche, une icône cabossée que l’on aimerait voir apaisée.