"Rafles": Le Parquet de Paris ouvre une enquête après les propos d'Arno Klarsfeld sur CNews. (CNews)
"Rafles": Le Parquet de Paris ouvre une enquête après les propos d'Arno Klarsfeld sur CNews. (CNews)

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi l’ouverture d’une enquête visant Arno Klarsfeld, juriste et fils de Beate Klarsfeld et Serge Klarsfeld, suite à des déclarations controversées tenues sur CNews fin janvier. Lors d’un débat, il avait évoqué la possibilité d’organiser des « grandes rafles » pour les étrangers en situation irrégulière, ce qui a suscité une forte indignation et des signalements à la justice. L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes de la police judiciaire parisienne, après le signalement d’un député de Charente.

Des propos qui déclenchent la polémique

Dans le cadre du débat, Arno Klarsfeld avait déclaré : « C’est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF. Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec l’ICE des sortes de grandes rafles un peu partout. Mais en organisant des grandes rafles, c’est‑à‑dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière, on commet aussi des injustices… On ne peut pas faire ça sans commettre parfois des injustices… Est‑ce que le bien de l’État est de se débarrasser des asociaux en commettant des injustices ou alors de laisser au fil de l’eau les choses se dérouler ? »

Le Conseil d’État lance une procédure disciplinaire

En parallèle, le Conseil d’État, institution dont Arno Klarsfeld est membre depuis 2010, a ouvert une procédure disciplinaire à son encontre. Celle-ci pourrait aboutir à des sanctions allant de l’avertissement à la suspension temporaire ou à la radiation, selon la gravité des manquements jugés.

L’avocat de Arno Klarsfeld, Olivier Pardo, a souligné que son client démontrerait « qu’aucune infraction n’a été commise », insistant sur le contexte de ses propos et sur l’absence d’appel à une application réelle de telles mesures en France.

Arno Klarsfeld nie des propos qu’il a pourtant bel et bien tenus

Face aux critiques, Arno Klarsfeld a publié des explications sur X, précisant que le mot « rafle » devait être compris dans son sens littéral et qu’il ne faisait aucun parallèle avec les crimes historiques liés aux rafles de la Seconde Guerre mondiale. Il a ajouté qu’il commentait uniquement la politique américaine de lutte contre l’immigration irrégulière et qu’il n’avait jamais préconisé de mesures similaires en France : « J’ai été amené à commenter la politique d’immigration menée par Trump où pour lutter contre l’immigration illégale, des rafles étaient menées qui suscitaient des injustices. À aucun moment, je n’ai demandé que cette politique soit appliquée en France. » Pourtant, lors de son intervention, l’ex-avocat a bien indiqué que pour « se débarrasser des OQTF », il fallait « organiser de grandes rafles. »

Pour se protéger contre la vague d’attaques sur les réseaux sociaux, Arno Klarsfeld a également déposé une plainte pour « incitation à la haine », dénonçant la diffusion de centaines de messages abjects à son encontre.

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