Maxime Saada accuse l’Arcom de vouloir tuer CNews
Maxime Saada accuse l’Arcom de vouloir tuer CNews

Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, hausse le ton après la mise en demeure adressée à CNews par l’Arcom. Le dirigeant accuse le régulateur de viser directement la ligne éditoriale de la chaîne et de créer un précédent dangereux pour l’ensemble de l’audiovisuel français.

Pour rappel, l’Arcom reproche à CNews un manquement à l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion. La décision porte sur les programmes diffusés en mars 2025 et s’appuie sur l’examen de 168 heures d’antenne, comprenant notamment plusieurs émissions fortes de la chaîne.  

Ine antenne jugée trop homogène

L’Arcom estime que plusieurs grands thèmes traités sur CNews, sécurité, guerre en Ukraine, La France insoumise, relations franco-algériennes, vie politique, ont donné lieu à une convergence récurrente des points de vue. Le régulateur affirme avoir constaté, dans de nombreuses séquences, une faible place laissée à la contradiction et la prédominance d’un même cadre d’interprétation de l’actualité.  

Maxime Saada dénonce une intrusion dans la rédaction

Pour Maxime Saada, le problème est éditorial. Le patron de Canal+ accuse l’Arcom de ne plus se limiter au respect de règles objectives, mais de juger le contenu, les choix de sujets, les angles et la manière dont une rédaction organise ses débats.

Le régulateur, selon lui, ne contrôle plus seulement le cadre légal de l’antenne, mais tente d’entrer dans la fabrique de l’information. Il dénonce une logique qui reviendrait à dire à une rédaction ce qu’elle doit penser, dire et montrer.

Le précédent C8 en toile de fond

Cette offensive a lieu dans un climat déjà explosif entre Canal+ et l’Arcom. C8, autre chaîne du groupe, a perdu sa fréquence TNT après la procédure de renouvellement engagée en 2024. Le Conseil d’État a ensuite jugé que l’Arcom n’avait pas commis d’illégalité en écartant C8 et NRJ12, tout en rappelant que les fréquences TNT sont un bien public attribué selon des critères de diversité, de concurrence et de pluralisme.  

C’est ce précédent que Maxime Saada met aujourd’hui en avant. À ses yeux, la mise en demeure de CNews pourrait n’être que le début, avant une disparition pure et simple de la chaîne.

CNews conteste et prépare la riposte

La chaîne conteste fermement les griefs formulés par l’Arcom et entend exercer un recours. La mise en demeure n’est pas une sanction financière immédiate, mais elle ouvre une phase plus risquée : en cas de nouveau manquement, l’Arcom pourra engager une procédure de sanction.   Le bras de fer est donc lancé. D’un côté, l’Arcom affirme agir au nom du pluralisme. De l’autre, Canal+ accuse le régulateur de franchir une frontière entre contrôle légal et intervention éditoriale.

Le conflit entre Canal+ et l’Arcom entre ainsi dans une nouvelle phase : celle où la régulation de l’audiovisuel devient un affrontement direct sur la liberté éditoriale, le pluralisme et le pouvoir du régulateur sur les rédactions.

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