Avril a beau avoir aligné les sujets lourds, hommages aux soldats tués au Liban, tensions internationales, disparition de Nathalie Baye, l’information en continu n’a pas transformé l’essai. Résultat, les quatre chaînes de la TNT spécialisées affichent toutes un recul sur un mois, comme si le public avait baissé le son. BFMTV reste en tête avec 3% de part d’audience, LCI suit à 2,8% juste devant CNEWS à 2,7%, franceinfo ferme la marche à 1,1%. Le podium, lui, n’a pas changé de visage en haut, mais il a changé d’ordre sur la deuxième marche.
Chez BFMTV, la machine continue de tourner, même si elle tousse un peu. La chaîne du groupe CMA CGM revendique environ 11 millions de téléspectateurs quotidiens et s’appuie sur ses locomotives, de la matinale d’Apolline de Malherbe, à son meilleur mois d’avril depuis trois ans, à BFM Grand Soir sur la tranche 21 heures minuit. La contrepartie, c’est une baisse de 0,5 point par rapport à mars, mois traditionnellement plus porteur côté débats et séquences politiques. Le leadership tient, mais il se paie désormais au centième près.
Un genre qui fatigue, des visages qui manquent
LCI s’offre la deuxième place pour un dixième de point, à 2,8%, même en recul de 0,4 point sur un mois après un record en mars. La chaîne de TF1 progresse sur un an et profite aussi d’une meilleure visibilité dans la numérotation de la TNT, détail technique en apparence, réalité très concrète quand on zappe vite. CNEWS, elle, passe troisième pour la première fois depuis mai 2020, un décrochage qui coïncide avec la perte de deux têtes d’affiche, Sonia Mabrouk et Jean Marc Morandini, et avec des tranches qui patinent, notamment 11-13 heures où « Frontières 100% » touche un plus bas depuis juin 2023.
Les chaînes ne se contentent pas de compter les points, elles bricolent déjà des réponses. CNEWS prévoit de supprimer des écrans publicitaires pendant « L’heure des pros », « Punchline » et « Face à l’info », quand LCI annonce réduire d’une trentaine de minutes chaque soir le temps dédié aux annonceurs. Un pari simple, garder le téléspectateur assis sans lui donner l’impression d’être promené de coupure en coupure. Reste que la baisse globale du genre ressemble à un signal plus large, entre concurrence des divertissements, printemps qui remet les gens dehors et info consommée sur le téléphone plutôt qu’au salon, et ce petit air de lassitude qui s’installe quand tout devient urgent à longueur de journée.
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