France Télévisions : Delphine Ernotte va diviser par deux les frais de taxis, qui s'élevaient à 3,8 millions d'euros par an
France Télévisions : Delphine Ernotte va diviser par deux les frais de taxis, qui s'élevaient à 3,8 millions d'euros par an

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, a confirmé que le groupe audiovisuel public avait adopté un budget révisé pour l’année 2026 intégrant les mesures d’économies exigées par l’exécutif. Cette information figure dans un courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu.

Dans cette lettre, la dirigeante indique que le conseil d’administration du groupe a validé un budget rectificatif prenant en compte une diminution supplémentaire de 15 millions d’euros de la dotation publique décidée en janvier. « Je tiens à vous confirmer que le Conseil d’administration réuni ce jour a adopté le budget rectificatif de France Télévisions pour 2026, qui intègre la baisse supplémentaire de 15 millions d’euros de la dotation publique intervenue en janvier », écrit Delphine Ernottedans ce courrier, cité par La Tribune Dimanche.

Selon la présidente du groupe public, cette nouvelle trajectoire budgétaire doit permettre un retour à l’équilibre financier dès 2026. Elle souligne que cet objectif passera par une réduction des charges d’exploitation et par la mise en œuvre d’un plan d’économies particulièrement ambitieux.

Un plan d’économies estimé à 150 millions d’euros en un an

Dans sa correspondance avec Sébastien Lecornu, Delphine Ernotteévoque un effort global d’environ 150 millions d’euros sur une seule année. Ce programme d’ajustement repose sur plusieurs réformes internes destinées à mieux contrôler les dépenses de fonctionnement du groupe audiovisuel public.

Parmi les mesures détaillées dans la lettre figurent notamment des économies de 2,3 millions d’euros sur les frais de mission. La direction prévoit également de réduire de moitié les dépenses liées aux taxis, un poste budgétaire récemment critiqué dans le débat public.

Ces frais ont en effet fait l’objet de révélations dans une décision du Conseil d’État, évoquant un montant annuel d’environ 3,8 millions d’euros consacré aux taxis par France Télévisions. Ce chiffre correspond à une dépense moyenne d’environ 10 000 euros par jour.

Le gouvernement demande un effort financier supplémentaire

La demande d’ajustement budgétaire formulée par l’exécutif remonte à une lettre datée du 23 janvier. Le Premier ministre Sébastien Lecornu demandait à France Télévisions d’accentuer son effort par rapport à la dotation initialement prévue.

Le chef du gouvernement indiquait que cette réduction supplémentaire du financement public devait rester exceptionnelle. Il insistait néanmoins sur la nécessité pour le groupe audiovisuel public de porter une attention particulière à ses dépenses de fonctionnement.

Dans cette correspondance, Sébastien Lecornu rappelait notamment que certaines catégories de dépenses avaient déjà été identifiées par la Cour des comptes comme nécessitant un contrôle renforcé.

La Cour des comptes appelle à des réformes structurelles

Les recommandations de la Cour des comptes constituent en effet un élément central dans le contexte actuel de réforme budgétaire de France Télévisions. Dans un rapport publié en septembre, l’institution présidée par Pierre Moscovici avait appelé l’entreprise publique à engager « sans délai » des transformations structurelles afin d’assainir sa situation financière.

Les magistrats financiers soulignaient alors une dégradation progressive des comptes du groupe au cours des dernières années. Ils mettaient notamment en avant l’augmentation des charges de personnel et des dépenses de fonctionnement, tandis que les capitaux propres de l’entreprise se réduisaient.

Des négociations sociales engagées pour accompagner la réforme

Dans le cadre de cette stratégie de redressement, Delphine Ernottindique que des discussions sociales ont été lancées au sein de l’entreprise. La négociation d’un nouvel accord social a officiellement débuté le 1er février et pourrait s’étendre sur une période maximale de vingt-sept mois.

Cette phase de dialogue avec les partenaires sociaux vise à adapter l’organisation du travail et la structure des coûts du groupe dans un contexte de contraintes budgétaires accrues.

Une réforme globale de l’audiovisuel public finalement repoussée

Parallèlement à ces ajustements internes, le gouvernement a renoncé à mener une réforme d’ampleur de l’audiovisuel public avant l’élection présidentielle de 2027. Cette perspective avait été envisagée dans le cadre d’une refonte plus large du financement et de l’organisation des médias publics.

L’exécutif préfère désormais concentrer ses efforts sur des mesures budgétaires ciblées et sur la stabilisation financière des groupes publics existants, dont France Télévisions demeure l’acteur principal.

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