La venue annoncée d’Eugénie Bastié sur France 2, dans l’émission politique L’Heure de vérité, provoque une polémique au sein de France Télévisions. La journaliste du Figaro et chroniqueuse sur CNews doit faire partie des journalistes chargés d’interroger des responsables politiques sur le plateau. Un choix qui a immédiatement suscité des critiques, notamment de la Société des journalistes de France Télévisions.
La SDJ dénonce une journaliste trop marquée politiquement
Dans un communiqué, la SDJ estime qu’Eugénie Bastié ne correspond pas au profil attendu pour une émission politique du service public. Elle lui reproche de revendiquer des opinions conservatrices et souverainistes dans ses éditoriaux et sur les réseaux sociaux. La SDJ considère que l’expression d’une opinion politique doit revenir aux candidats eux-mêmes, et non aux journalistes chargés de les interroger.
Elle critique également le fait qu’une chroniqueuse ayant attaqué à plusieurs reprises l’audiovisuel public puisse être rémunérée par France Télévisions.
Une position qui ressemble à de la censure
Cette prise de position donne à la SDJ une posture de censeur. Plutôt que de juger Eugénie Bastié sur son travail dans l’émission, elle conteste sa présence avant même sa participation effective. Le communiqué revient à poser une limite idéologique : certains profils journalistiques seraient jugés acceptables sur le service public, d’autres non, en fonction de leurs opinions supposées ou affichées. Et bizarrement, quand les journalistes ont des idées de gauche, comme Patrick Cohen, pour ne citer que lui, cela ne semble pas gêner le syndicat
La gauche politique s’en mêle
La polémique a également été relayée par des responsables politiques de gauche, notamment du côté de La France insoumise. Le député Thomas Portes a critiqué la présence d’Eugénie Bastié dans une émission de France 2. D’autres voix ont dénoncé l’arrivée d’une journaliste issue de CNews et du Figaro sur le service public.
Eugénie Bastié répond sèchement
Face aux critiques, Eugénie Bastié a riposté directement. Elle a affirmé ne pas être « le pion de personne », répondant notamment à Thomas Portes en l’accusant d’être lui-même le « petit soldat » d’un mouvement politique qui ferait du mépris des journalistes sa marque de fabrique.
Le pluralisme en question
Derrière cette affaire, c’est une nouvelle fois la question du pluralisme dans l’audiovisuel public qui est posée. France Télévisions peut-il inviter des journalistes aux sensibilités différentes pour interroger les responsables politiques ? Ou certains profils doivent-ils être exclus au motif qu’ils seraient trop marqués idéologiquement ? En contestant la présence d’Eugénie Bastié avant même la diffusion de l’émission, la SDJ donne l’impression de vouloir filtrer les journalistes autorisés à participer au débat public sur le service public. Avec une indignation à géométrie variable selon la couleur politique…