Dans une tribune publiée par Le Parisien, une centaine d’acteurs et actrices de fiction télé appellent à préserver les moyens de l’audiovisuel public, qu’ils estiment en danger face aux réductions budgétaires prévues par le gouvernement dans le projet de loi de finances 2026.
Une mobilisation inédite pour protéger la création française
Ce jeudi, plus de 110 comédiens et comédiennes parmi les plus familiers du petit écran – dont Laure Calamy (Dix pour cent), Laura Smet (Surface), Thierry Godard (Un village français), ou encore Alix Poisson et Benjamin Lavernhe (Des vivants) – ont signé une tribune commune publiée dans Le Parisien. Leur objectif : alerter sur l’impact des restrictions budgétaires annoncées sur France Télévisions.
« Toute la création audiovisuelle, de la fiction au documentaire, en passant par le spectacle vivant et l’animation, est menacée », écrivent-ils. Les signataires, très présents sur les chaînes du service public, défendent une télévision qui parle « des réalités, joies et difficultés » des Français, et dénoncent un démantèlement progressif d’un espace de culture et de lien social accessible gratuitement à tous. Ils appellent les parlementaires à ne pas fragiliser une exception culturelle qui permet, selon eux, de proposer des histoires « responsables » à toutes les générations, y compris les plus jeunes.
Une baisse de budget aux conséquences lourdes pour la fiction
La colère de ces artistes fait écho à celle exprimée dès septembre par Delphine Ernotte. La présidente de France Télévisions avait alors alerté depuis le Festival de la fiction de La Rochelle sur « un risque très fort » qui pèse sur tout le secteur si les coupes budgétaires se confirment. D’après elle, le budget consacré à la création passerait de 440 à 380 millions d’euros, soit une perte de 60 millions. Ce recul s’ajoute à des réductions cumulées de près de 400 millions entre 2018 et 2022, selon Télérama.
Pour illustrer concrètement ce que cela représente, Iris Bucher, présidente de l’Union syndicale de la production audiovisuelle (Uspa), évoquait récemment dans Le Parisien la suppression potentielle de « 85 épisodes de 52 minutes » ou « une case de fiction hebdomadaire en moins ». Elle estime qu’il s’agit d’un « choc économique » sans précédent pour le secteur.
Les programmes les plus populaires de ces dernières années, comme Sambre, Astrid et Raphaëlle ou Des vivants, sont précisément ceux que ces coupes risquent de remettre en question. De plus, les économies exigées n’épargnent pas les autres formats : Questions pour un champion, C dans l’air, ou encore C à vous ont vu leurs diffusions réduites ou remplacées temporairement par des best-of, selon une autre enquête de Le Parisien.
Dans ce contexte, les artistes signataires concluent leur appel en exhortant à ne pas « laisser aux autres le soin de raconter nos histoires » et à continuer de financer une télévision publique capable de refléter la diversité du pays.