Une étude commandée par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), restée jusqu’ici inédite, met à mal le discours ambitieux autour des start-up du nucléaire. Selon ses projections, seules deux unités de petits réacteurs à neutrons rapides pourraient voir le jour d’ici 2045, faute de plutonium disponible pour alimenter ces technologies.
Des ambitions freinées par la réalité des ressources
L’État mise depuis plusieurs années sur une nouvelle génération de réacteurs innovants, censés compléter le parc nucléaire et stimuler une filière en quête de renouveau. Mais cette note confidentielle souligne un obstacle majeur : le combustible. L’insuffisance de plutonium rend illusoire l’idée d’un déploiement massif, limitant de fait la portée industrielle et commerciale de ces projets.
Des start-up déjà fragilisées
Le constat intervient alors que plusieurs jeunes pousses du secteur connaissent des difficultés financières. Naarea a été placée en cessation de paiements, tandis que Newcleo a dû ralentir son activité par manque de trésorerie. Malgré des subventions publiques chiffrées en centaines de millions d’euros, le doute s’installe sur leur capacité à tenir dans la durée. Certains experts n’hésitent plus à parler d’une « bulle », nourrie par l’enthousiasme politique et la course aux financements, mais déconnectée des réalités techniques et économiques.
Un soutien étatique maintenu malgré la dette
Cette remise en cause survient dans un contexte budgétaire tendu, où la dette publique a été qualifiée de « question vitale » par le défunt Premier ministre François Bayrou. Pourtant, le gouvernement n’entend pas abandonner le soutien aux start-up nucléaires. L’objectif reste de maintenir une présence française sur un marché en effervescence à l’international, même si les perspectives concrètes semblent aujourd’hui limitées. Entre ambitions stratégiques et faisabilité technique, le modèle économique des start-up nucléaires françaises apparaît plus fragile que jamais.