DAZN riposte. Emmené au tribunal par la Ligue de Football Professionnel (LFP) car il n’a pas encore payé la seconde moitié des droits TV annuels, le diffuseur de la Ligue 1 contre-attaque. Dans une interview donnée à l’AFP, Brice Daumin, responsable DAZN France, remet du contexte sur cette affaire qui pourrait à nouveau creuser le trou dans lequel se trouve le football français.
Réunie en conseil d’administration extraordinaire, mercredi, la LFP a expliqué aux présidents des clubs professionnels que DAZN faisait miroiter un refus de paiement de la seconde partie du montant annuel des droits TV. Paiement qui doit être transféré d’ici au vendredi 15 février.
Le contrat entre DAZN et la LFP prévoit une possibilité de sortir de celui-ci si le chiffre des 1,5 million d’abonnés n’est pas atteint en décembre 2025. Un chiffre irréalisable et non réaliste depuis le départ. Si DAZN a ses torts (erreurs stratégiques vis à vis du marché français, erreurs tarifaires et catalogue de contenus bien trop léger), la Ligue n’est pas claire non plus : « En deux mois, DAZN n’a eu aucune nouvelle de la Ligue, elle devait revenir vers nous et ne l’a pas fait« .
Brice Daumin se veut tout de même rassurant : « Nous n’avons aucune intention de partir« , dit-il à l’AFP et au Figaro. « Nous sommes là sur du long terme comme dans chaque pays où nous possédons des droits. On ne veut pas activer cette clause, ce serait un désastre pour tout le monde.«
Il en veut aux clubs et à la Ligue : « Nous avons été un peu surpris de la manière dont le plus gros diffuseur de la Ligue 1 est traité« , ajoutant, « lorsqu’on achète une casserole, on ne s’attend pas à avoir une passoire« . Ambiance.
En résumé, DAZN insiste sur le fait que la LFP n’a pas répondu à sa demande de transformer les 400M€ en une addition fixe + variable. C’est pourtant un contrat fixe que DAZN a signé…
DAZN ose dire à la LFP que c’est la Ligue qui a survendu la Ligue 1 et surévalué le nombre d’abonnés potentiels. Tout le milieu médiatico-sportif -ainsi que le grand public-, s’est pourtant étouffé en lisant les premiers chiffres d’objectifs d’abonnés… Leur méconnaissance du marché leur coûte cher.
DAZN pousse encore le bouchon un peu plus loin dans sa stratégie pour faire baisser le prix des droits TV en cours de contrat en dénonçant le piratage. Le piratage existe, existera toujours et existe partout. Il a pris des proportions énormes en France à cause du tarif anormalement élevé de l’abonnement aux matchs de L1, via un catalogue de contenus très faible sur DAZN. Voilà la raison. Les Français ne se sont pas passionnés soudainement pour l’IPTV. Et à choisir, ils préfèrent être dans la légalité.
Selon Brice Daumin, « on ne résout jamais rien devant un tribunal« . À suivre…