C’est une page monumentale de l’histoire du basketball qui se tourne. Gregg Popovich, entraîneur mythique des San Antonio Spurs et recordman absolu du nombre de victoires en NBA, a annoncé ce vendredi sa retraite après 29 saisons à la tête de la franchise texane. L’homme de 76 ans, qui n’avait coaché que cinq matchs cette saison en raison d’un AVC survenu en novembre, continuera d’occuper le poste de président de l’organisation.
« Mon amour et ma passion pour le jeu demeurent intacts, mais j’ai décidé qu’il était temps de me retirer du poste d’entraîneur principal », a déclaré Popovich dans un communiqué. Il laisse sa place à Mitch Johnson, son ancien assistant, qui avait assuré l’intérim cette saison avec un bilan de 32 victoires pour 45 défaites.
Popovich quitte les parquets avec un palmarès hors normes : 1 422 victoires en saison régulière, 170 en play-offs, cinq titres de champion NBA, une médaille d’or olympique avec les États-Unis à Tokyo, et une intronisation au Hall of Fame en 2023. Il a dirigé certains des plus grands noms du basket mondial, de Tim Duncan à Tony Parker, en passant par Manu Ginóbili, David Robinson ou encore Pau Gasol.
Surnommé « Pop » par les fans et les joueurs, il aura été le visage d’une stabilité rare dans le sport professionnel américain. Depuis sa nomination en 1996 après avoir lui-même limogé l’ancien coach Bob Hill, les Spurs n’ont connu aucun autre entraîneur. Sous sa houlette, la franchise est passée du fond du classement à une dynastie couronnée de cinq titres (1999, 2003, 2005, 2007 et 2014), s’appuyant sur un style de jeu collectif, exigeant et efficace.
L’émotion était palpable parmi ses anciens joueurs et adversaires. « C’est le meilleur de tous les temps », a déclaré Manu Ginóbili. Le commissaire de la NBA, Adam Silver, a salué « une réussite incomparable » et un homme « aimé et respecté dans toute la communauté du basketball ». Le coach du Heat de Miami, Erik Spoelstra, a quant à lui évoqué « un exemple de dignité et de classe, dans la victoire comme dans la défaite ».
Mais au-delà des chiffres et des trophées, Popovich laisse un héritage humain. Son engagement pour des causes sociales, son humour caustique en conférence de presse, et surtout son regard visionnaire ont marqué des générations. En 2014, il a brisé une barrière en engageant Becky Hammon comme première assistante à temps plein en NBA, ouvrant la voie à une nouvelle ère plus inclusive.
Ironie du sort, sa retraite intervient alors que l’avenir de la franchise semble prometteur, autour de la nouvelle pépite française Victor Wembanyama. Popovich n’aura pas eu le temps de le guider sur plusieurs saisons, mais il laisse derrière lui une culture d’excellence inégalée. Une ère se termine à San Antonio, mais la légende de Gregg Popovich, elle, restera indélébile.