Le président du Comité national olympique italien, Luciano Buonfiglio, a rejeté sans détour l’hypothèse d’une participation de l’Italie à la Coupe du monde 2026 en remplacement de l’Iran. Interrogé à Rome, en marge du Premio Città di Roma organisé par l’Opes, il a estimé qu’un tel scénario n’aurait ni légitimité sportive ni réelle faisabilité institutionnelle. « Premièrement, je ne pense même pas que cela soit possible. Deuxièmement, je me sentirais offensé. Aller à la Coupe du monde, cela se mérite », a-t-il déclaré, selon l’agence ANSA.
Une proposition venue de Paolo Zampolli, proche de Donald Trump
Cette prise de position fait suite à la révélation d’une initiative portée par Paolo Zampolli, homme d’affaires italo-américain et envoyé spécial de Donald Trump pour les « Global Partnerships ». Zampolli a suggéré au président américain ainsi qu’au président de la FIFA, Gianni Infantino, que l’Italie puisse remplacer l’Iran lors du Mondial 2026. Il justifiait cette idée par l’histoire sportive de la Nazionale, quadruple championne du monde, et par son souhait de voir les Azzurri disputer un tournoi organisé aux États-Unis.
Un contexte géopolitique sensible autour de la présence iranienne
La proposition a lieu dans un climat diplomatique et sécuritaire particulièrement tendu autour de la participation iranienne. Le Mondial 2026 sera coorganisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, avec un coup d’envoi prévu le 11 juin. La FIFA rappelle par ailleurs que l’Iran fait bien partie des nations qualifiées pour le tournoi. Lors d’une intervention publique à Washington, Gianni Infantino a encore affirmé que « l’équipe iranienne va venir, c’est certain », en ajoutant que le sport devait rester en dehors de la politique.
En Italie, l’idée d’un repêchage suscite surtout le rejet
En Italie, la sortie de Paolo Zampolli a provoqué davantage de gêne que d’adhésion. Le ministre des Sports Andrea Abodi a jugé l’hypothèse « pas possible » et « pas appropriée », en rappelant que la qualification se gagne « sur le terrain ». D’autres voix italiennes ont également insisté sur le fait qu’en cas d’éventuelle vacance, la logique sportive voudrait qu’un autre pays issu de la zone asiatique soit prioritaire, et non l’Italie.
L’Italie manque la Coupe du monde pour la troisième fois de suite
Le refus exprimé par Luciano Buonfiglio s’explique aussi par la situation sportive très claire de la sélection italienne. L’Italie n’a pas obtenu son billet pour la Coupe du monde 2026 et restera absente de la phase finale pour la troisième édition consécutive. La Nazionale a été éliminée en barrage par la Bosnie-Herzégovine après un match nul 1-1, avant une défaite 4-1 lors de la séance de tirs au but. Il s’agit d’un nouvel échec pour un ancien champion du monde, déjà absent des éditions 2018 et 2022.