Un homme âgé de 76 ans a été interpellé ce mardi matin à son domicile situé à La Garenne-Colombes. Il est soupçonné d’avoir proféré des menaces à l’encontre de Bénédicte de Perthuis, présidente de la 11e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, qui a présidé le procès de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens.
Selon les informations du Parisien, l’individu a été placé en garde à vue dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, spécialisée dans les enquêtes sensibles. Il aurait adressé des propos menaçants à la magistrate, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête pour “menaces contre une personne chargée d’une mission de service public”.
Une vigilance accrue depuis plusieurs jours
Les menaces proférées avaient déjà conduit, la semaine dernière, à un renforcement de la surveillance autour du domicile de la juge. Des patrouilles de police avaient été déployées, notamment après la réception de courriers suspects et de messages hostiles. L’enquête a rapidement permis de remonter jusqu’à l’homme interpellé ce jour.
Réactions des autorités judiciaires et politiques
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait réagi fermement dans un communiqué officiel, dénonçant des actes « inacceptables dans une démocratie » et rappelant que « s’en prendre à un magistrat, c’est s’en prendre à l’État de droit ». Il a également assuré que toutes les mesures seraient prises pour garantir la sécurité des juges et l’indépendance de la justice.
De son côté, Jacques Boulard, premier président de la cour d’appel de Paris, avait lui fait part, lundi 31 mars, de son « extrême préoccupation » face à la multiplication de menaces envers les magistrats impliqués dans des affaires sensibles, notamment celle des assistants parlementaires européens. « Nos institutions ne peuvent tolérer une pression de cette nature sur ceux qui rendent la justice au nom du peuple français », a-t-il déclaré.
Une situation qui inquiète la magistrature
Cette affaire reflète la défiance grandissantes entre une partie de l’opinion publique et l’institution judiciaire. Les syndicats de magistrats ont également exprimé leur solidarité envers Bénédicte de Perthuis, réclamant une réponse pénale ferme à l’encontre de toute personne menaçant des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.
L’homme placé en garde à vue pourrait être présenté au parquet de Paris dans les prochaines heures. Les investigations se poursuivent pour déterminer la nature exacte des propos tenus, leur éventuel caractère prémédité, et s’il existe d’autres personnes impliquées.